Regroupement d’interviews : Question d’éthique

Aujourd’hui un article suite à une discussion que j’ai eu avec Tetho grâce à l’un de mes tweets après avoir partagé mon intérêt à vouloir voir la création d’un lieu qui regrouperait l’ensemble des interviews disponibles sur les personnalités de l’animation japonaise. |!| Une question de nuance est à intégrer avant de réagir à cet article, il est bon de faire la distinction entre une pensée personnelle et ce que l’on ferait dans la réalité, ainsi ce billet n’a pas pour but de vouloir appliquer ma pensée mais plutôt de seulement en faire le partage. Si je dis ça, c’est car je fais largement confiance à certains lecteurs d’utiliser ce propre argument pour dévier la discussion, ce qui n’aurait comme but que de pourrir l’idée de base. L’idée ici est ainsi plus à poser des questions que d’y répondre. Ceci dit, revenons en à nos tanukis.

Les questions d’éthique c’est toujours ce qu’il y a mieux pour faire du troll subtil (ou pas), tellement la base même, càd la morale, se repose sur une conscience collective et qu’il n’y a en réalité aucune réponse correcte. Pourtant parfois on ne peut y échapper, comme ici. Dans notre cas je pense que l’on peut distinguer grossièrement deux types d’interviews, celles disponibles sur internet et qui ont pour la plupart eu comme but de base de s’y retrouver, et celles qui ne sont pas réalisées dans cette idée-là mais pour un autre type de support, comme par exemple celles fournies dans les dvds. Cette distinction est importante car elle pose deux différences majeures : La première en revient à l’accès, une interview sur internet est de manière générale en libre accès contrairement à celles sur dvd qui nécessites de posséder le dvd avant de pouvoir en connaître le contenu. Cela change tout sur la mise à disposition illégale de l’interview, puisque sur un premier point on peut s’imaginer qu’au final on ne fait qu’un lien direct vers la version originale alors que dans le second cas c’est totalement impossible.

Ensuite directement lié au premier point, c’est le but secondaire de l’interview (dans notre esprit ingénu nous prendrons pour fait qu’une interview a pour base tout d’abord de vouloir partager et promouvoir la pensée de l’interviewé), si bien sûr les interviews disponibles sur le net ont pour intérêt de donner du contenu et ainsi directement de l’intérêt au site la contenant ainsi qu’aux auteurs, et qu’en cela on peut déjà la considérer comme une richesse à part entière, elle n’en est pas vraiment un argument de vente (en fait si puisqu’il s’agit d’une richesse, mais cet effet est bien moindre que pour un dvd, surtout en prenant en compte l’idée développée ci-dessus sur l’accès même de l’interview). Il nécessite donc d’adopter deux pensées distinctes envers la diffusion de ces deux types, à moins évidemment que l’on soit totalement contre le partage des deux.

Posons-nous d’abord une question primaire, une interview doit-elle être considérée comme un média tels qu’une série animée ou un fichier musical ? La question est loin d’être absurde bien que la réponse est directement trouvée pour certains. En réalité cette interrogation a pour but de poser la question suivante : Doit-on faire abstraction de son caractère propriétaire (D’un point de vue juridique bien évidemment) ? Pour y répondre il faut se poser dans le contexte de l’industrie de la japanimation en France (bien que si l’on souhaite promouvoir les interviews non françaises, il faut se positionner sur une scène internationale). Les interviews d’animateurs japonais représentent-elles un véritable marché dans notre industrie ? Elles en ont en tous cas la capacité, car elles le sont dans le monde du journalisme politique par exemple. Seulement l’intérêt porté par les consommateurs français de japanimation n’est largement pas aussi grand que pour d’autres thèmes, pour ne pas dire que les dites interviews, du moins pour certaines, tombent rapidement dans un oubli total. Il faut alors se demander si la promotion d’interviews n’aurait pas ainsi pour effet inverse de donner plus d’importance à ces entretiens et leur acquisition, plutôt que pour action d’affaiblir leur intérêt.

Un autre point à aborder est le respect envers l’auteur de l’interview d’autant plus que, soulignons le, il s’agit le plus souvent chez nous d’un travail de passionné. Paradoxalement, même si l’on est pour la diffusion illégale d’une interview il est nécessaire d’adopter une déférence importante envers son auteur, sinon on perd l’esprit même de ce partage. Pour cela il est crucial de tout faire pour mettre en valeur avant tout le contenu original, bien qu’il est d’un point de vue pratique plus intéressant d’en faire une copie. Ainsi si l’on cherche d’abord à faire passer autre chose avant la promotion du travail original dans sa diffusion, on a perdu l’objectif de base et l’on se dérobe alors des fondations de cet esprit moral.

Conclusion

De manière globale je suis favorable à la publication d’interviews voir totalement convaincu quand il s’agit d’un cercle privé, mais je me pose des questions sur les effets qu’aurait cette entreprise à grande échelle. Si l’interview est disponible en libre accès, je pense qu’il est intéressant de participer à sa diffusion, du moment que l’on recherche avant tout à vendre l’originale et non pas à ne faire que du vol d’œuvres afin de remplir son catalogue. Par contre je suis plus qu’incertain sur la diffusion de média vidéos disponibles sur des supports tel que le dvd. Tout d’abord car je ne sais pas quel est son véritable poids la vente du dvd, bien que je doute que beaucoup d’entre nous achète un dvd autant pour les bonus que pour le contenu, mais c’est pourtant mon cas. Si la diffusion de ces interviews ralentirait alors la vente de ces dvds, ce serait faire plus de mal que de bien. Pourtant dans un autre cas on peut aussi s’imaginer que leur diffusion leurs donneraient au contraire plus de crédits et favoriserait l’intérêt que portent certains consommateurs d’animé aux membres de l’industrie de l’animation et ce qu’ils ont à dire. En tous cas la tentation est grande.

5 réponses à “Regroupement d’interviews : Question d’éthique

  1. Et s’ avant de parler d’aspect juridique ou éthique (éthique un peu tordue à mes yeux, soit dit en passant), tu voyais simplement l’aspect humain ? Le type qui a passé du temps sur son itw a le droit d’en maîtriser la diffusion et la moindre des politesse si tu veux la reproduire est de lui demander si il est d’accord ou pas et de se plier à sa volonté.
    Fondamentalement c’est bêtement une histoire qui tourne autour de l’idée de ne pas passer pour un enfoiré qui se sert sans penser à ceux autour.

    • Si, je pense que l’on doit passer par un accord, voir au minimum par un avertissement pour qu’il soit au courant qu’on le redirige vers son travail, puis s’il n’est pas d’accord on le retire. Une petite partie du billet en parle, en disant qu’il faut adopter une figure de respect face à l’auteur, j’en ai bien conscience.

  2. Ben alors, y a pas de débat, faites comme Catsuka, envoyez un mail pour demander l’autorisation et pis c’est tout (et de toute facon si une interview de figure de l’animation est diffusée sans autorisation il sera toujours là pour le remarquer)

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