AJ n°1 : Quel a été le dernier animé mécha avant-guardiste ?

C’est la folie sur le blog en ce moment, 3 billets en 1 semaine, du jamais vu, youhou, amazing. Ceci vient d’une volonté propre de vouloir bloguer de manière plus régulière, je ne sais pas si cette initiative va durer longtemps, si elle n’est pas du au fait que j’ai stagné pendant 3 mois, mais au moins elle aura eu le mérite d’exister. Ce billet va être le début d’une longue série concernant un projet bien personnel que j’ai voulu initier depuis quelques mois mais que ma procrastination a toujours fait reculer : La traduction des billets Ask John du blog d’AnimeNation. Mon intention première était de réaliser la traduction d’une centaine d’articles, puis d’en fait un beau pdf au final. Mais cette idée m’a été finalement enlevée pour plusieurs raisons, tout d’abord car j’ai du mal à voir le bout alors que je commence à peine, ensuite car je sais qu’un paver de 200 pages n’intéressera et n’encouragera que peu d’entre vous. C’est donc une publication régulière de traduction que je vais proposer sur le blog, je pense à un rythme de parution d’environ 2 à 3 par semaine, m’assurant ainsi une certaine régularité dans le travail sans trop abuser. Je pense tout de même faire le pdf une fois les cents traductions faites, on peut donc tabler dans plus de 2 mois. Une note importante, par respect envers les autres blogueurs et que je n’apprécie guère moi-même de voir un blog occuper de manière trop importante l’agrégateur, les Ask John mis à part celui-ci ne devraient pas figurer sur Sama. Désolé pour ceux qui rechignent face à l’utilisation de flux RSS.

Ask John ? John Opplieger ? What’s that ? Pour ceux qui ne connaîtraient pas, John Opplieger est une des figures plus ou moins emblématique de la sphère américaine sur l’animation japonaise. Ce fan d’animation depuis son enfance a été l’un des premiers a parler de manière sérieuse et avec du recul sur ce sujet à travers le blog de sa compagnie dont il a la charge, AnimeNation. Sa rubrique Ask John est l’une des plus intéressante en soi, en effet en dehors de proposer régulièrement les news sur l’animation, John Opplieger se consacre à la rédaction de réponses posées par des internautes concernant l’animation. La chose est là depuis des années et maintenant plus de 2300 réponses figurent sur le blog, allant d’une question parfaitement banale sur l’avenir d’une série aux Etats-Unis à l’évolution du genre magical-girl depuis sa création au Japon. C’est un donc un petit monstre qu’est cette rubrique, et je vous encourage de tout mon cœur à y jeter un coup d’œil si vous avez des notions en anglais, plutôt que d’attendre ma traduction française ayant pour unique but de propager ses meilleurs billets et que les français s’intéressent un peu plus à celle-ci.

Question :

J’ai trouvé cette question et je pense qu’elle est plutôt intéressante.

Quand a été la dernière fois où un animé mecha a vraiment contribué à quelque chose de complètement original ? C’est vrai, depuis les 40 dernières années. Nommez un animé mecha qui a apporté quelque chose de nouveau dans l’industrie de l’animation. C’est drôle comme les fans de mecha se plaignent que quelque chose tue la créativité alors que le genre qu’ils aiment n’a pas lui-même contribué à quelque chose de neuf depuis des années.

Réponse :

Avant d’analyser l’influence des animés mecha/robot contemporains, l’analyste doit considérer un large contexte comprenant l’ensemble des influences attribuables provenant de tous les genres d’animé et l’étendu de l’influence de chaque innovation de manière singulière. Maintenant l’animation a été établie depuis un demi-siècle, de fréquents programmes continuent encore aujourd’hui à se faire remarquer en proposant de nouvelles dynamiques visuelles et styles cinématiques. L’identité visuelle marquée de titres comme Gankutsuou, Kuchu Buranko, ou Kemonozume auraient été impensable ou impossible il y a maintenant dix ans. Cependant, l’aspect visuel ne constitue pas nécessairement une thématique, une narration, ou une contribution technique innovante qui a été adoptée par de futures productions. Juste avant le genre mecha, l’animation japonaise elle-même avait largement dépassé l’âge de ses années de création, quand de nouvelles idées étaient fréquemment alors encore non utilisées. L’animation japonaise est toujours en évolution, mais après 50 ans et des milliers de titres, la plupart des idées innovantes ont déjà été considérées et essayées.

Si on prend de manière séparée le genre mecha/robot, les styles les plus formateurs et les concepts avant-gardistes ont largement influencé le genre lui-même. Mazinger Z a introduit l’idée de robot géant avec un pilote dedans. Ce concept n’est pas révélateur dans les animés de sport, de romance, d’horreur, dans les shojos ou les shonens. Mobile Suit Gundam a introduit le concept original de mechas qui n’ont pas une moralité innée. Bien qu’il y ait de grandes idées qui ont influencé le genre mecha, ça n’a jamais été des concepts révélateurs dans les autres genres d’animé. Donc les influences et les idées du « modern robot » ont d’abord besoin d’être reconnues dans le genre mecha lui-même.

Une question se pose aussi quand l’on observe la reconnaissance attribuée à des points très innovants mais qui n’ont pas été pour autant influents. Par exemple, la série animée Flag de Ryousuke Takasahi de 2006 a introduit pour la première fois une perspective à la 1ère personne dans un animé. C’est parfaitement unique, et c’est de manière ironique toujours aussi unique car aucun autre anime n’a depuis alors utilisé de manière continuelle la même technique narrative. Ainsi dans ce cas là, Flag semble certainement représenter un animé mecha contemporain qui peut être crédité pour avoir introduit une toute nouvelle technique dans un animé, mais sans observer un quelconque influence.

Tetsuwan Atom a introduit le genre robot dans l’animation moderne. Tetsujin 28 fut le premier animé du style « robot géant ». Getter Robo a proposé le concept de robots combinés. Yusha Raideen a introduit le concept de robot pouvant se transformer. Effectivement, les contributions les plus flagrantes dans le genre mecha sont apparues dans les années 60 et 70. Mais cela ne veut pas dire que celui-ci soit resté complètement stagnant depuis.

Les origines de robots vivants sont quelque peu flous. En 1984, Tatakae! Chou Robot Seimeitai Transformers semble avoir été le premier anime qui possède les caractéristique de robot plus vivant qu’une simple machine. Mais Transformers était une concept américain. Cependant, la vision américaines des transformers a été adaptée depuis le début de la ligne de jouets japonais Microman, et qui n’a pas été utilisé en animation jusqu’en 1999. Le concept de robot vivant est réapparu dans les productions mecha avec notamment Cat Ninden Tyande, Karakuri Kengoden Musashi Road, Machine Robo, et la franchise SD Gundam.

En présumant que la définition de « mecha » fait référence à « mécanique » et non pas à « robot », les OVA Guyver proposés en décembre 1986 peuvent être crédités comme ayant introduit l’idée, et plus important, le visual design même de la machine bio-organique et bio-mecanique. Contrairement aux cyborgs et aux androïdes qui ressemblent aux êtres humains, Guyver a proposé le concept visuel d’une machine avec de la chaire et des muscles, un concept réutilisé plus tard dans des animés comme Hagane no Oni. Le concept de robots bio-organiques, et spécifiquement des robots géants conventionnels avec un système nerveux biologique est apparu avec le film Five Star Stories de 1989 avant de devenir une idée bien mise en évidence dans l’année 1995 avec Shin Seiki Evangelion.

En 1994, Mahou Kishi Rayearth peut être techniquement le premier animé de robot qui a eu de manière intentionnelle le but de convenir à une audience féminine et masculine, mais Rayearth n’a pas été souvent reconnu comme une série mecha. Dans une autre idée, Minky Momo (année 1982) a par exemple proposé des vaisseaux spatiaux et des robots géants, mais Minky Momo n’a jamais fait partie du genre mecha. En 1995, Shin Kido Senki Gundam W est le premier anime de robot qui a été consciencieusement réalisé avec le but d’attirer des spectatrices dans le genre mecha traditionnellement « machiste ». Tout d’abord l’animé a inclut des personnages masculins plutôt beaux, mais ça a été Gundam Wing qui a inclut le bishonen dans un effort déterminant d’attirer une audience féminine. Plus tard, les futurs séries Gundam, Tenkou no Escaflowne, et Code Geass ont continué d’inclure des points mise en forme uniquement pour attirer les femmes dans des séries normalement attribuées de manière typique à des jeunes hommes.

La série animée Sousei no Aquarin de 2005 s’est sûrement inspirée de Yusha O Gaogaigar de l’année 1997, mais je crois que c’est Aquarion qui donne le plus de crédits à l’introduction du concept de robot manifestant l’habilité de réaliser l’impossible rien que par la force de leur volonté. Le « Mugen Punch » de Aquarion est la premier et la plus mémorable de capacité totalement « impossible », consistant d’allonger le bras du robot jusqu’à des distances complètement improbables (extrait youtube, attention spoil). Ce concept est repris encore plus loin en 2007 avec Tengen Toppa Gurren Lagann, où le robot est capable de se combiner et de manifester de nouvelles armes et des habilités totalement aléatoires rien que part la force de volonté de son pilote. L’esprit combatif surpasse alors même les limites fondamentales des possibilités scientifiques.

Les concepts d’ « Itano Circus » et de « Gainax jiggle » ont aussi assez d’importance pour être mentionnés. L’essaim de missiles complexe dessiné par l’animateur Ichiro Itano (note : article de Tetho) introduit pour la première fois en 1982 dans Chojiku Yosai Macross, est apparu dans des animes très loin du genre mecha, comme Crayon Shin-chan, Disgaea, Futakoi, Nin-Nin ga Shinobuden, Getsumen to Heiki Mina, et Chikyu Shoujo Arjuna. L’exposition de poitrines dans l’animé morderne existe depuis aussi longtemps que l’animation morderne a existé. Sennin Buraku, la troisième série TV d’animation japonaise ayant existée (après Otogi Manga Calendar et Tetsuwan Atom), présentée déjà de la nudité. Mais ce fut en 1998 avec les OVA Top wo Nerae ! que le mouvement de la poitrine a été représenté de manière presque exagérée. Le « Gainax jiggle » comme on le surnomme maintenant, a révolutionné le « fan service » à travers toute l’industrie de l’animation.

Traduction d’un billet publié à l’origine le 10 Septembre 2010 à cette adresse.

7 réponses à “AJ n°1 : Quel a été le dernier animé mécha avant-guardiste ?

  1. J’avais oublié que tu avais ce projet. C’est pas mal du tout en tout cas. Par contre, c’est très personnel ce que je dis la, mais gaffe aux trad littérales. Après ça reste mon avis, je sais que certains préfèrent.

  2. t’as mal traduit en ce qui concerne Mazinger, c’est le contraire, avant Mazinger Z, ya eu Tetsujin N° 28, qui est piloté avec une telecommande, Mazinger Z a un pilote à l’intérieur du robot géant

    dans futakoi alt, ya eu des Itano Circus avec du sperm, non ?:/

  3. Effectivement il faudrait que je pense à chercher quelqu’un qui ferait un check derrière moi. J’ai hésité aussi à avoir une traduction moins littérale, mais j’ai envie d’être aussi proche possible du texte.
    @Rukawa : Faut que je corrige ça, merci.

  4. Tout ça semble fortement intéressant, et je ne manquerai pas d’aller faire un tour sur l’original à la recherche d’autres sujets surement passionnants, mais…

    C’est tout de même un peu étrange. Le monsieur ne répond pas vraiment à la question (comprenez qu’il ne semble pas la critiquer et montrer clairement qu’on ne peut pas y répondre formellement, il se contente de l’esquiver sans être explicite)

    Un point que je trouve super flou c’est sur l’apparition des robots « vivants ». Déjà parce que le concept de robot vivant est flou en lui-même mais ensuite parce que, même si j’admets ne pas être un expert des Transformers, je ne vois pas ce qu’ils ont de plus ou moins vivant que ce bon vieil astro.
    Si vous avez des clés de compréhension à appliquer à cette partie de l’article, je suis preneur et reconnaissant.

  5. « l’habilité de réaliser l’impossible rien que par la force de leur volonté »
    >> L’idée avait déjà été utilisée dans Ryuseiki Gakusaver, en 1993.

  6. @Kabu : Je pense plutôt que la traduction de « robot humanoïde » aurait été plus adapté, mais j’ai fait une traduction plus formelle de bio-robot en fait. Dans ce sens si on prend l’exemple de Eva, ça semble pour moi être l’exemple le plus extrême quand le robot devient « berserk ».

  7. Il y a deux idées derrière ça :

    Le robot bio organique à la Eva effectivement (on peut citer Gasaraki dans un genre réaliste et moins vivant), qui « vit » par le faite qu’il ne soit pas purement mécanique.
    Le robot doué de conscience, c’est pour ça qu’il cite les transformers. Même s’il s’agit de machines, elles sont douées de signes humains (langage, émotions, mémoire etc). Je suppose dirigé par une IA, mais ça « personnifie » le robot.
    Mais pour Atom je ne sais pas, ca n’est pas un robot « géant » donc c’est peut être pour ça qu’il le met à part. Ca parait naze dit comme ça je sais, mais je n’aurais pas vraiment d’autre réponse à donner comme ça sans un peu de réflexion.
    La ou dans un Gundam ou un Macross, c’est simplement une machine, comme une jeep ou un flingue; Ca ne marche que parce que le pilote le fait marcher.

    Kabu : J’aime bien le coté encyclopédique et informatif des billets, mais concrètement ça lui permet juste de digresser et balancer des infos sur le sujet de la question, point barre.

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