L’animation va-t-elle évoluer avec l’économie japonaise des prochaines décennies ?

Sazae-san, personnage ayant suivi le peuple japonais depuis plus d'un demi-siècle

C’est la question que je me suis posé récemment et que je ne chercherais pas vraiment à élucider dans ce petit billet. Si l’animation japonaise évolue grandement comme tout secteur d’activité et surtout comme secteur artistique avec l’économie de son pays, je me suis précisément demandé comment pourrait évoluer l’animation japonaise dans les années à venir compte tenu de la situation actuelle du Japon. Récemment j’ai pu lire dans un billet du Courrier International que les amateurs du septième art ont pu voir une sorte de métamorphose du cinéma grecque, l’auteur avançait notamment que la situation de crise défavorable à ce que proposait auparavant la scène du pays avait complètement bousculé ce milieu. On pense évidemment d’abord aux répercussions financières d’une telle crise, mais en réalité il s’agit là d’une véritable transformation des thèmes abordés qui a eu lieu, et non pas à une simple coupe budgétaire. Le cinéma grecque à défaut de pouvoir être éblouissant, tente d’innover et de proposer des films très proche d’un style que l’on pourrait qualifier aisément de « décalé » voir même d’expérimental.

Cet article m’a fait penser à l’évolution de l’animation japonaise qui pourrait advenir dans les années à venir. A l’heure actuelle, j’ai l’impression que la japanimation est un secteur en constante mouvance bien qu’on ait l’impression qu’il stagne dans sa boue quand on considère un laps de temps très court Il faut admettre qu’au cours de ses années et depuis sa création elle a vu le jour sous de nombreuses formes, c’est une des choses qui m’a sauté aux yeux en lisant les livres sur l’histoire du manga. Je suis de loin un expert en économie orientale mais la situation japonaise ne semble pas des plus optimistes, subissant la crise mondiale comme tout le monde, perdant son rôle de seconde puissance économique depuis maintenant plus d’un an, tournant le dos à un problème majeur de manque de natalité avec en plus des jeunes qui ne se retrouvent pas eux-même dans leur pays. Le ravage engendré par le tsunami n’aidant en rien. Bien qu’on puisse espérer qu’il donnera un coup de relance dans l’économie japonaise, il semble qu’au lieu d’en « profiter » pour faire avancer des nouveaux secteurs porteurs sur d’anciens secteurs désuets, les dirigeants imaginent encore à une politique semblable à celle d’après guerre, rêvant d’une nouvelle période d’or qui n’arrivera sûrement jamais de leur vivant. On pourrait citer d’autres choses, comme l’évolution des problèmes d’énergie avec un refus maintenant majoritaire du nucléaire sur l’archipel, mais il ne s’agit pas vraiment du sujet.

La véritable question est donc : Peut-on imaginer une évolution de l’animation comme il en a été en Grèce ? Certes les conditions ne sont pas comparables mais une modification progressive ne semble pas être exclue pour autant. Bien évidemment il existe énormément de co-facteur, je suis d’ailleurs le premier à dire que l’animation dépend avant tout de son public, Sazae-san en est son exemple le plus marquant (série ayant d’abord débuté en période d’après guerre, elle a depuis été et est toujours une série qui a beaucoup joué sur l’attitude des japonais contemporains). Mais c’est cette même approche qui pourrait engendrer son évolution majeure, son coté que l’on pourrait qualifier par abus de langage de « lunatique ». Même si quelques signes montrent que l’industrie de l’animation japonaise tient légèrement le coup (la résurrection du studio Gonzo en dernier lieu), elle n’est pas en grande forme. De plus l’innovation stagnante du secteur n’arrangeant rien, on est en droit de se demander si l’animation que l’on connaît ne va pas changer bien plus que l’on pourrait se l’imaginer dans les dizaines d’années à venir, tout en cherchant dans quel sens elle va partir.

6 réponses à “L’animation va-t-elle évoluer avec l’économie japonaise des prochaines décennies ?

  1. La crise économique dans laquelle se trouve le Japon depuis 20 ans est responsable de l’explosion du « moe ».
    C’est très logique. La crise économique rend le marché du travail morose – fin des contrats à vie, emplois plus précaires – ce qui a donné naissance à la génération des Herbivores, un homme désabusé par le système actuel, avec une ambition et une confiance en l’avenir limités. Le « moe » leur fournit des personnages féminins parfaits pour eux, car d’une apparente fragilité, qui donne au spectateur l’impression d’avoir enfin un rôle à jouer en les protégeant.

    Bref, la crise économique fait des ravages.

  2. On peut aussi citer la résurgence des super robots comme conséquence directe de la crise de 89. Sans plus un sou, les chaînes de télé locales ont rediffusé de vieilles séries dont elles détenaient déjà les droits au lieu d’investir dans de nouveaux projets, ce qui a repopularisé des productions un peu oubliées et ainsi incité les studios à créer des choses dans la même veine…

    Je ne sais pas dans quelle mesure on peut dire qu’un tel schéma se reproduira, par contre, mais j’ai lu sur ANN il y a quelques semaines que les créateurs japonais souhaitaient bénéficier du concours des cinéastes d’Hollywood pour donner à leurs futurs projets d’œuvres audiovisuelles une dimension plus internationale : c’est peut-être la nouvelle mutation qui s’annonce – une plus grande ouverture du Japon vers l’étranger, comme une sortie de leur coquille, un abandon de leur isolationnisme millénaire…

    Hélas, on peut aussi craindre un nivellement par le bas de leurs productions…

  3. D’un autre coté, pour faire face a la crise de l’industrie de l’anime, les studios trouvent leurs alternatives, par exemple les omake et oavs bonus sont de plus en plus nombreux pour apporter un « plus » que le spectateur n’aurait pas eu a la TV.

    Une autre de ces alternatives est le passage au cinéma, de plus en plus fréquent, je crois qu’on a jamais vu autant de film d’animation a licence qu’aujourd’hui. L’avantage étant notamment de sortir le truc sans que sa puisse se faire tipiaker ( ou alors lolscreener mais bon je pense pas que c’est sur les animes que les gens concentrent ce genre de pratiques si ce n’est pour les grosses licences ) de faire payer l’entrée naturellement PUIS le DVD qui a aussi tendance a se mieux vendre car un film est une oeuvre unique pas un truc en plusieurs volumes donc on a tendance a l’acheter plus facilement et puis j’imagine que c’est moins rediffusé aussi. J’aime beaucoup cette mode personnellement, on se retrouve parfois avec des trucs assez improbables comme un film de K-On! ( bon j’aime pas la série mais l’idée d’en faire un film me plait )
    Après y’a les appels de pieds aux moefags et fujoshi, la tendance a faire des remakes et se tourner ainsi sur des valeurs sures ( DBZ, FMA, HxH ) entre autres…

    Fin bref je trouve qu’on est déja dans une transition assez importante en ce moment, et les studios ont pas forcément attendu la crise ou le tsunami ( d’un coté c’est assez inquiétant d’ailleurs! )

    Et bon retour surtout o/

  4. Ca fait bien quatorze ans que le pays est dans une merde noire d’un point de vue économique (1997). J’oserais pas faire le lien entre des dizaines de milliers de personne et des centaines de millions comme le fait gémini, mais c’est normal qu’il y ai eu une évolution aussi rapide, des couts différents l’émergence de la 3D comme solution de facilité pour assurer la prod, la création des systèmes de films (à licence ou non, ça explose, c’est tout).

  5. L’évolution des méthodes de production (notamment le passage au numérique) compense la crise économique à mon avis, pour ce qui est de la réalisation (avec une transition qui fera surement grincer les dents aux puristes, mais qui finira par s’imposer, un peu comme le nouveau twitter).
    Par contre, la meilleure réalisation du monde n’empêchera pas un anime avec un scénario moisi ou misant tout ce qu’il à sur le moe d’être du caca.

    Ceci étant dit, si on en vient à être obligé de s’amouracher d’un personnage en 2D pour se remonter le moral, je donne pas cher de l’humanité (Konata ça compte pas, c’est de l’amour propre).

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