Projet de la Janica : Session 2010 et informations sur cette année

Aujourd’hui on revient sur un ancien sujet sur lequel j’avais posté une news il y a maintenant un an, le projet de la Janica (Japan Animation Creators Association) visant à promouvoir des jeunes talents dans l’animation. Pour rafraîchir les mémoires, il s’agissait d’apporter une aide financière à des studios déjà bien installés dans le milieux de l’animation, l’argent proposé par le gouvernement est alors divisé pour monter quatre court-métrages de 24 minutes. Les studios devaient satisfaire certaines conditions, notamment proposer une réelle formation pour ces jeunes animateurs, afin que le but de ce projet soit bel et bien atteint en fournissant l’expérience des plus anciens. Cet article va parler des 4 animations réalisées l’an dernier et dont je n’avais pas encore parlé jusqu’alors, puis ensuite faire office de rapide news concernant les projets de cette année.

Tansu Warashi (たんすわらし)

Studio : IG Production | Réalisateur : Kise Kazuchika (黄瀬 和哉) | Producteur : Terakawa Hidekazu (寺川 英和)

Hiragi est une jeune OL tout à fait normale et donc légèrement désordonnée se laissant un peu aller. Un jour sa mère lui envoie une vieille commode, mais ce n’est que plus tard qu’elle se rend compte que cette commode est le repère de sorte de lutins destinés à servir les jeunes femmes de cette famille.

La série réalisée par Kazuchika possède un décors pastel assez original s’ajoutant à un character design plutôt simpliste. La durée d’un épisode étant assez courte, l’introduction et l’action des personnages est assez rapide, voir trop. L’évolution du personnage principal est palpable, notamment dans ses relations avec les enfants, la légèreté d’un slice of life se fait également sentir dans tout l’épisode, ce qui correspond assez bien au visuel. De manière générale on ne nous sert rien de très impressionnant dans cet épisode, même si l’animation est de bonne qualité (mais de manière général, ce genre laisse une animation assez peaufinée), on reste tout de même légèrement sur notre faim car il manque un certain plus, sûrement dû aux caractères des enfants, oscillant entre amorphe à un peu cliché.

Ojiisan no Lamp (おじいさんのランプ)

Studio : Telecom Animation Film | Réalisateur : Takiguchi Teiichi (滝口 禎一) | Producteur : Takeuchi Koji (竹内 孝次)

On suit dans cet épisode la jeunesse d’un orphelin lors de la période d’industrialisation du Japon (sûrement l’ère Meiji), où il découvre lors d’un travail qui l’amène en ville l’apport des techniques occidentales, à travers les lampes à huile qu’il décide de vendre. Après que son commerce se soit développé, l’électricité se développe alors dans le pays, rendant alors son travail caduc.

Ce court métrage est bien plus intéressant que le précédent par son scénario plus riche, mélangeant à la fois un regard sur l’industrialisation du Japon, la vie du protagoniste avec un poil de romance ainsi qu’une touche agréable de shintoïsme à travers la présence d’esprits. Le regard porté sur l’évolution du savoir technique du pays reste au final très arbitraire, néanmoins il souligne une progression très rapide, en effet l’apport des lampes à huile se faisant dans la jeunesse du personnage, on peut imaginer qu’il n’y a eu qu’une dizaine d’années avant l’installation de l’électricité. La réaction violente du personnage représente sûrement la sensation qu’à du ressentir la population japonaise, avec une changement peut-être trop brutal entre les anciennes méthodes et l’installation soudaines d’une empire plus moderne. C’est aussi souligné par le contraste superstitieux des travailleurs installant les poteaux électriques, démontrant ce décalage

L’animation en général est très agréable, mais on ressent surtout un effort réalisé sur le travail de la luminosité, chose en fait assez normal quand on connaît le thème de cet épisode. Sur ce coté l’animation est très bonne, le réalisateur n’a pas hésité à proposer des plans différents pour interagir avec cette lumière environnante. Sur le fond ce court-métrage touche, je l’ai trouvé mieux géré que Tansu Warashi et on sent que l’on nous amène quelque part. Les quelques ajouts de romance passent presque inaperçus mais sont intéressants, la touche un peu religieuse avec l’apparition des esprits dans la forêt est super bien pensée et apporte encore plus à l’ambiance.

Bannou Yasai Ninninman (万能野菜 ニンニンマン)

Studio : P.A. Works | Réalisateur : Yoshihara Masayuki (吉原 正行) | Producteur : Horikawa Kenji (堀川 憲司)

Mari est une petite fille qui a la particularité d’avoir des sortes d’hallucinations de la forme de ces condiments qu’elle n’aime pas lorsqu’elle en mange. Sa situation ne s’arrange pas quand elle doit se séparer avec son amis car elle possède un chien, mais les choses changent quelque peu quand celui-ci s’enfuit durant la nuit.

A vrai dire mon synopsis est bien mauvais, mais il faut avouer que cet animé n’a pas vraiment de résumé correct possible. L’épisode commence avec un petit trip sous forme de cauchemars de Mari, lançant un peu le ton de ce qui va donner selon moi l’intérêt de cet épisode. Pendant un moment on se demande ce que l’on va nous servir mis à part un épisode très school/magical girl de base mais sans rien autour, ce n’est qu’au bout d’un peu de temps que s’installent les personnages secondaires qui donneront une touche plus créative à celui-ci.

En effet ce sont ces personnages qui laissent passer le « délire » du réalisateur (à prendre avec beaucoup de recul) mais qui laissent néanmoins une touche assez fun, notamment Mr Carotte qui ne fait qu’enchaîner des vieilles répliques style The Mask et de manière plutôt réussie. Les deux autres figures sont moins représentatives et servent plus à compléter l’ensemble, le lait est représenté comme une jeune femme et le poivron comme un personnage métamorphosable à souhait. Les trois personnages laissent quelques possibilités mais au final j’imaginerais mal l’idée traîner plus de deux ou trois épisodes, surtout que le reste laisse quand même à désirer. Mari a aussi une sorte de terreur des ponts, chose qui ne sera jamais expliquée, limite expédiée à travers un flashback de deux secondes. Sa relation avec son amis est mièvre au possible, et cela reste ici tout de même clairement destiné à un public enfantin sur le coup. Ce n’est pas totalement mauvais mais ça aurait pu être largement mieux aussi.

Kizuna Ichigeki (キズナ 一撃)

Studio : Ascension | Réalisateur : Hongo Mitsuru (本郷みつる) | Producteur : Mogi Hitoshi (茂木 仁史)

Kizuna Todoroki est une jeune fille adepte des arts martiaux depuis son enfance, qui participe et gagne un championnat pour pouvoir rembourser les dettes de son grand-père. Une journaliste cherchant à l’interviewer décide d’aller chez elle, et découvre en fait une famille atypique. Pendant ce temps de nouveaux concurrents arrivent défier la petite fille.

Je ne vais pas le cacher dès le départ, cet épisode est le meilleurs de tous et de loin, d’un point de vue technique mais aussi par son contenu qui est très bien géré. Le speech de la famille est du déjà vu, mais pourtant c’est composé avec beaucoup de justesse. Étrangement le générique d’entrée m’a beaucoup fait penser à un début de film Pixar mais avec une animation japonaise traditionnelle, démontrant dès le départ que ce court a pour but de se démarquer d’une production lambda. Il n’y a aucune baisse de rythme, le tout reste très fun et les différents personnages sont intéressants. On peut notamment noter le grand-père qui s’amuse un moment à parodier les différents types d’animés, ce genre de touches bien posées est franchement très bien pensé. On sent vraiment que l’histoire a été faite uniquement dans l’idée de contenir le plus de chose en 24 minutes, chose que je reprochais notamment à Bannou Yasai Ninninman qui proposer plus un épisode qui aurait pu figurer parmi d’autres.

Visuellement c’est aussi le plus abouti, je suis un grand fan de ce genre d’animation très crayonnée, où on a l’impression qu’il manque des finitions mais qui donnent un esprit bien plus « manga » dans les combats. Le chara design est travaillé  et on remarque que Hongo Mitsuru a tenté de proposer quelque chose d’innovant, en incrustant ici et là des idées. J’apprécie beaucoup ces animés qui reviennent vraiment à l’animation traditionnelle, voir presque surfaite mais qui donne un style original. Cela reste donc le plus aboutit visuellement mais aussi sur le fond, je le conseille notamment à tout ceux qui aiment ce genre d’animation.

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Je ne savais pas trop quoi m’attendre de ce projet et au final on a eu du bon et du moins bon, si les projets Tansu Warashi et Bannou Yasai Ninninman m’ont laissé sur ma faim, les deux autres ont réussi à proposer quelque chose de plus innovants mais aussi de mieux géré dans la trame. Cela reste tout de même assez dommage de s’apercevoir que des animateurs ne tentent pas d’utiliser à fond ce genre d’opportunités pour proposer quelque chose d’innovant et sur lequel il pourrait se démarquer. Kizuna Ichigeki reste le plus intéressant pour avoir réussi à proposer quelque chose de frais sur le fond, mais aussi agréable sur la forme. Espérons que l’année 2011 verra aboutir plus de projet de la sorte.

Pour cette édition 2011, le même budget a été alloué que l’année dernière, soit 214.5 millions de yen que devront se répartir les quatre studios, au final il y aura eu 11 studios qui se sont proposés pour participer à cette édition et comme l’an dernier, 4 ont été sélectionnés, on retrouve IG Production ainsi que Telecom Animation film qui sont dans la partie pour une seconde fois. J’attends personnellement beaucoup du court de Toshihisa Kaiya, il a travaillé dans pas mal de production que j’aime beaucoup en tant qu’animateur, comme Paranoia Agent, Jin-Roh ou Mind Game. Le court de Kazuhide Tomonaga peut aussi être pas mal, il a de l’expérience dans pas mal de productions. Espérons qu’ils fassent preuve d’un esprit et d’une liberté artistique importante, car c’est ce qui est intéressant dans ce genre d’événement.

Studio

Titre

Réalisateur

Producteur

Answer Studio

Nankai no Juju (南海のジュジュ) [nom provisoire]

Hiroshi Kawamata (川又 浩)

Yukari Kiso (木曽 由香里 )

Shirogumi

Shiranpuri (しらんぷり)

Pon Kozutsumi (こづつみPON)

Kenichiro Hayafune (早船 健一郎)

Telecom Animation Film

Buta [nom provisoire]

Kazuhide Tomonaga (友永 和秀)

Koji Takeuchi (竹内 孝次)

Production I.G

Wasurenagumo (わすれなぐも)

Toshihisa Kaiya (海谷 敏久)

Hidekazu Terakawa (寺川 英和)

Source : Anime News NetworkRapport de la Janica [PDF]

6 réponses à “Projet de la Janica : Session 2010 et informations sur cette année

  1. Pingback: Kizuna Ichigeki | MAZ

  2. Toujours pas vu pour ma part, faut que je corrige ça.
    Très bon article sur un sujet qui fait plaisir à lire, merci !

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