Ookiku Furikabutte : Ca le fait !

Entre un autre billet en cours, j’ai envie de parler rapidement de la dernière en date et seconde saison de Ookiku Furikabutte : Natsu no Taikai-hen. Pour ceux qui ne connaissent pas encore la série, Ookiku est un manga de Asa Higuchi (ひぐち アサ), diplômée en psychologie avec une mention en psychologie sportive, et se lança depuis 1998 dans le manga. Ookiku Furikabutte a notamment récupéré le Prix de la créativité au Osamu Tezuka cultural Prize de 2006.

Ren Mihashi était un ancien lanceur dans une équipe de base-ball au collège, notamment par les relations de son grand-père avec le manager. Complètement ignoré voir détesté par ses coéquipiers, il rejoint le lycée de Nishiura sans aucun espoir de rejouer au base-ball. Avec un caractère totalement refermé sur lui-même, il est tout de même amené à rejoindre la nouvelle équipe de base-ball du lycée. S’en suit alors une relation très particulière entre lui et le receveur, le tout entremêlé par les sentiments et les caractères de tous les membres de l’équipe.

Le manga a d’abord été adapté en une série de 26 épisodes diffusée en 2007 et dirigée par Tsutomu Mizushima (水島 努), qui est aussi le directeur de la récente et très bonne OAV Mudazumo Naki Kaikaku. Une seconde saison de cette fois-ci 13 épisodes a été réalisée en 2010 et toujours par Tsutomu Mizushima et le studio A-1 Pictures.

J’aime beaucoup les animes de sport, ils ont généralement une structure bien différente des autres animés, se souciant avant tout d’un possible manque de rythme et des redondances dans les actions. Les plus populaires d’entre eux proposent aussi l’intérêt de suivre un personnage durant plusieurs années, et de manière différente que les shonen fleuve comme Hunter X Hunter. Cela est dû notamment au fait que le manga de sport fait souvent appel à des ellipses temporelles nécessaires si l’on veut passer d’une compétition à l’autre. Si ces évènements sont ponctuels on remarque alors plus souvent une distinction entre les différentes années, c’est la cas parfaitement bien représenté par les animes de base-ball. Si l’on prend un anime de boxe, les matchs ne sont pas définis à l’avance, le personnage et ses buts sont alors définis au cours de sa progression et l’on ne distingue clairement pas de distinction nette sur comment un animé pourrait faire la coupure. C’est ce que l’on a pu voir pour Hajime No Ippo par exemple. Il en va de même pour les shonen fleuve tel que Naruto, alors que le manga en est à plusieurs dizaines de tome, Masashi Kishimoto (岸本 斉史) a été obligé de faire une « pause » temporelle afin que le lecteur ait l’impression de suivre le personnage dans sa vie

Le manga de sport est vraiment différent aussi par les objectifs qui sont fixés, le plus souvent il combine esprit combattif, un personnage à l’esprit droit et avec un caractère bien défini, un talent inné, on nous propose aussi un esprit d’équipe bien établi et d’ailleurs vraiment intéressant à étudier, car représentatif au maximum de l’esprit japonais. Derrière cela il y a souvent une histoire d’amour mais qui reste très subtile dans son avancé et sa présence, le personnage étant avant tout concentré dans son sport. La pratique est parfois conduite comme permettant de rentrer dans une communauté (une nouvelle fois ici un esprit très japonais), on peut le remarquer dans Ashita No Joe mais le plus marquant est évidement avec Ippo. Et c’est vraiment intéressant de voir comment, à partir de ces bases, chaque anime de sport arrivent à se différencier.

Si le plus souvent il s’agit du caractère du personnage qui définit la série, Ookiku Furikabutte innove sur bien d’autres points, et c’est précisément ça qui le rend intéressant. Il faut d’abord commencer par le personnage de Mihashi, symbole d’une victime complète, il éprouve ainsi beaucoup de difficulté à s’exprimer et ne tente à aucun moment d’imposer ses idées, pour peu qu’il en ait. Il s’agit clairement d’une différence très marquée avec les codes habituels, dans le base-ball le rôle du lanceur (pitcher) est central et est souvent représentatif de toutes les attentions et donc de la place du héros. Le base-ball se décomposant en deux phases, attaque et défense, cela permet au spectateur de varier entre un focus total sur le lanceur en défense, et une attaque centrée sur l’équipe (même si on peut beaucoup jouer sur ces phases). Le fait intéressant dans la série est la relation limite symbiotique entre le lanceur et le receveur. Dans Major, le personnage de Saito (meilleurs amis de Shigeno) est aussi un catcher qui se distingue par son skill, mais on ne voit que très peu la relation avec Shigeno, et il en va de même pour le receveur américain. Dans Ookiku le personnage du lanceur ne prend pas toute la place et cela donne une nouvelle image à l’équipe. Pas seulement la relation entre pitcher/catcher mais aussi tous les autres membres de l’équipe sont mis en avant au fur et à mesure.

Le second bon point soulevé dans la série est tous les éléments psychologiques proposés avec de manière intéressante par Asa Higuchi. On peut notamment parler du rôle de capitaine, du discours du coach, du rôle des supporters.  A cela s’ajoute bien évidemment la psychologie de chacun développée séparément et de manière continue. Cela rajoute plusieurs dimensions, d’abord le fait que l’on a vraiment l’impression de suivre une équipe et tous ses joueurs, mais ça laisse aussi ouvert une certaine relation de confiance entre tous les joueurs sur le terrain que l’auteur arrive à nous faire retranscrire admirablement. A cela on peut rajouter la trame développée et imprévisible, et ça c’est un point vraiment magique. La structure de Ookiku est à milles lieux de celle habituelle, chaque match est développé au maximum et l’on suit chaque set avec attention. C’est un choix vraiment difficile à mon avis, car il faut tout de même remplir chaque match sans se répéter, et pourtant c’est réussi avec brio. A cela se rajoute des événements imprévisible, on ne sait pas ce que va devenir chaque balle et cela donne un sentiment d’immersion incomparable, mais aussi celui de se rapprocher d’un base-ball bien plus réaliste.

Il faut aussi féliciter Tsutomu Mizushima, notamment pour avoir réussi à combiner tous les éléments ensembles de manière presque parfaite, sans aucune perte de rythme. Il a notamment réalisé personnellement l’épisode 12, selon moi le meilleurs de la série. La série fait treize épisodes et ne subit aucune perte de souffle, de plus elle possède deux génériques vraiment agréables avec notamment l’opening interprété par Galileo Galilei, mais aussi une bande-son très appropriée. Ookiku représente peut-être le futur du manga de sport, mélangeant l’aspect entraînant de ce style avec un esprit bien plus sérieux. Il a aussi réussi à donner une image bien moins « héroïque » à un anime de sport, dans le sens où il donne la part belle à l’équipe et non pas uniquement à un seul personnage. J’aurais même tendance  à dire qu’il tend à prouver que l’on peut réussir un manga et un anime du genre en lâchant certains codes transcris par des animes cultes comme Ashita No Joe.

bokura ga hitotsu hitotsuno yume wo mamori nukeru nara. Natsuzora ni shita yakusoku wa, hyakunen go mo yaburenai kara saa

Petite a petit, si nous pouvons protéger nos rêves jusqu’à la fin. La promesse que nous nous sommes faites sous le ciel ensoleillé, nous ne l’a casserons pas même une centaine d’année plus tard !

5 réponses à “Ookiku Furikabutte : Ca le fait !

  1. Ookiku Furikabutte est une bonne série, mais elle possède quand même quelques défauts. Le principal, c’est sûrement sa composition.
    Je pourrais dire qu’il y a deux types d’animes de sport : les longs et les cours. L’avantage des longs, c’est qu’ils permettent de donner plus d’espace à chaque match, tandis que les courts ont le mérite d’arriver rapidement à la conclusion sans trop trainer. Seulement, Ookiku Furikabutte en anime est une série courte, mais avec des matchs conçus comme ceux des séries longues. Et ça, c’est exaspérant ! Sur la première série, un match dure plus de 10 épisodes ; nous le voyons durer et durer alors que la fin de l’anime approche inexorablement. C’est frustrant. Je ne sais pas si les producteurs espéraient pouvoir ajouter suite après suite selon le succès de la licence, mais le résultat le voici : 39 épisodes au total, qui ne couvrent qu’un morceau presque ridicule d’un titre que j’aurais pu prendre plaisir à suivre bien plus longtemps. S’ils n’avaient pas la certitude de pouvoir rallonger l’anime à souhait – sachant que cela devient de plus en plus marginal, sauf pour les shônen à succès – il fallait traiter la longueur des matchs en fonction, car finalement, l’anime de Ookiku Furikabutte, aussi plaisant soit-il, m’apparait surtout comme une publicité pour le manga, qui lui va plus loin dans l’histoire. Manga qui ne sort pas en France.

  2. Personnellement et comme je l’ai dit dans le billet, je considère le fait qu’ils prennent que quelques matchs plus comme une qualité que comme un défaut. Je ne vois pas en quoi il faudrait que la série se régularise dans les normes du genre : une saison = championnat. Tout le contraire

  3. Je ne prétends pas que la série devrait se « régulariser ». Mais j’aurais aimé que l’anime aille au moins au bout de son premier championnat, et avec le format choisi – qui en parfaitement valable – il aurait fallu un nombre d’épisodes bien plus conséquent, que nous ne sommes absolument pas assuré d’obtenir.
    Lorsque j’ai regardé la première série, aucune suite n’avait été annoncé. C’est pour cela que c’était frustrant, car tous les éléments appelaient une suite qui était alors inexistante. Même avec une seconde série – plus courte, de surcroit – nous sommes loin d’être arrivé au bout ne serait-ce que de la première partie ; c’est comme si l’adaptation animée de Saint Seiya s’était arrêté après le combat contre Aiolos dans la Maison du Lion : c’est dommage, limite stupide, et cela nous oblige à nous tourner vers le manga comme si cela avait été le but de l’adaptation dès le début.
    Le format choisi ne se tient que s’il y a suffisamment d’épisode, voilà tout.

  4. Oui en gros tu veux qu’elle se régularise dans sa trame, je n’ai pas connaissance de ce qu’il en est pour le manga, mais je ne vois absolument pas pourquoi la série devrait aller au bout du championnat, ça c’est du désir superficiel que veut justement (enfin je le pense) éviter Tsutomu Mizushima en proposant un style original. Ce que je sens même si j’imagine que ce n’est pas ce que tu désires, c’est que tu désires une fin/suite au risque qu’elle soit bâclée, juste pour pouvoir tourner la page.

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