The Tatami Galaxy : La série et ses deux derniers épisodes

Un billet pour revenir en arrière et parler du meilleur anime de l’année dernière, qui est pourtant passé de manière mystérieuse entre l’ovation sur des blogs à l’ignorance totale. Chaque fan d’animation à souvent son réalisateur favoris, je peux facilement dire que Masaaki Yuasa (湯浅政明) est le mien et de très loin, je lui avais déjà témoigné tout mon amour dans un billet qui lui était consacré il y a quelques mois et c’est maintenant de sa dernière production dont je vais parler. En réalité ce billet va surtout se concentrer sur les deux derniers épisodes de la série, même si je vais tout de même faire une partie pour la présenter et ainsi tenter de proposer toutes ses qualités, ce qui réussira peut-être à en motiver certains à la regarder

L’histoire suit un étudiant sans nom actuellement en 3ème année d’université. Alors qu’un jour une discussion commence avec un individu se prénommant lui-même le Dieu qui unit les hommes et le femmes, il va se retrouver à suivre les différentes premières années d’université qu’il aurait pu avoir. Chaque fois il rejoint un club différent, le mettant en scène dans des situations toujours plus anodines les unes des autres.

The tatami Galaxy ou plutôt Yojohan Shinwa Taikei est au départ un roman écrit par Tomihiko Morimi (森見 登美彦) publié en 2004 puis réédité en 2008 dans un format plus prestigieux. Traduit en version coréenne et chinoise, il n’a pas encore de version anglaise et encore moins française mais devrait faire son apparition au USA. L’adaptation de Yuasa ne prend qu’en fait qu’une partie du roman, laissant apparemment encore bien d’autres aventures à notre héros. La série prenait la case horaire de Noitamina avec House of five leaves, donc de minuit 45 à 1h45, correspondant souvent à des productions sortant un peu du lot des grandes productions populaires. De manière subjective, je dirais que les animes qui en font partie sont souvent signe de qualité et proposent de manière générale et à chaque fois une touche d’originalité, comparé à l’habitude des productions contemporaines. Comme à son habitude, Yuasa représente ici le studio Madhouse dans lequel il a maintenant une place attitrée pour avoir réalisé là bas la majorité de ses précédentes séries depuis Kemonozume en 2006.

La série se divise à un club/une histoire par épisode dans sa première moitié, explorant à chaque fois une nouvelle dimension possible pour notre héros. Les différents personnages sont toujours les mêmes, souvent leurs rôles changent en fonction de l’histoire mis en place mais leurs caractéristiques restent les mêmes. Le début de l’innovation intervient avec les dialogues ultra rapides lancées par notre héros, correspondant en fait à son subconscient. C’est un choix très particulier lancé là car parfois les dialogues sont très conséquents et il est difficile à suivre la profondeur et les informations transmises. Sans en être l’idée première, cela se retrouve aussi être une manière de montrer que la série sera avant tout une sorte de chantier d’expérimentations et qu’il faut la prendre comme tel, délaissant délibérément le visionneur lambda.

Elle suit ainsi beaucoup l’habitude de Masaaki Yuasa de retranscrire ses pensées dans une animation totalement marginale, elle est d’ailleurs à nouveau l’occasion pour lui de tester de nouveaux styles d’animation. Contrairement à ses précédentes séries où il se cantonnait à chaque fois à un style bien particulier, TTG fait office de véritable laboratoire visuel qui comprendra souvent bien plus qu’une seule manière de faire, surtout au niveau des derniers épisodes qui sont sur ce coté là totalement géniaux. Rien que sur ce point là, la série mérite d’être vue pour ce qu’elle représente, repoussant la vision habituelle que l’on a de l’animation et des DA. Il ne s’agit pas là forcément d’instaurer un climat favorisant le délire du scénario, à vrai dire Gainax a parfaitement réussi à retranscrire ce genre d’ambiance tout en ayant une animation qui n’aille pas dans cet ordre là. Et même si la touche de Yuasa apporte un effet indéniable à celui-ci, c’est donc plutôt un objet à part entière qui tente lui aussi de se démarquer par sa réalisation.

Si ce contexte semble donner un effet brouillon, le scénario reste en fait très bien maîtrisé rendant la chose vraiment intéressante pour ceux qui aiment déjà la forme. Si les premiers épisodes se contentent de n’être que des histoires indépendantes les unes des autres (mais en réalité pas tant que ça), à un moment trois épisodes sont dédiés à un même arc et le tout est vraiment bien mis en place. On se rend d’ailleurs compte que la manière dont ils se succèdent est plutôt réfléchie, si les premiers font office de présentation de l’univers, l’arc central prépare le terrain et accompagne toute la réflexion présente dans les deux derniers. Il y aurait sûrement eu beaucoup plus à faire, bien plus de contenu que l’on aurait pu mettre aisément dans un format de 24 épisodes, peut-être cela aurait été mieux mais je reste tout de même convaincu que malgré ce format réduit (que j’affectionne tout particulièrement pour ce type d’animé pourtant) Yuasa a réussi à parfaitement le gérer.

Voilà ce que représente cette série, c’est un véritable lieu d’essais en terme d’animation, couplé à un scénario de qualité bien maîtrisé de la part du réalisateur. Elle n’intéressera sûrement pas le consommateur qui commence à peine à regarder de l’animation japonaise, mais elle offre aux autres une expérience assez inédite qui change de toutes les autres productions. C’est sont défaut et sa qualité, car elle n’intéressera que ceux qui ont envie de voir un autre visage de l’animation, mais de manière peut-être contradictoire je dirais que même ceux qui n’aiment pas le résultat visuel devraient vraiment la regarder pour autant. C’est du plaisir offert mais qui ne laisse pas la place au divertissement comme certains le convoitent, qui nécessite tout de même une part de réflexion de la part de celui qui est de l’autre coté de l’écran, chose qui semble malheureusement hors de portée pour certains. De plus la bande son est de qualité, notamment son générique de Asian Kung-Fu generation qui est l’un des meilleurs de la saison, mais aussi avec un très bon travail continu de  la part de Moshiru Oshima (大島 ミチル). Ceci dit, je vais maintenant passer à mon focus sur les deux derniers épisodes.

Un bel exemple « d’expérience visuel »

Ces deux derniers épisodes sont vraiment intéressants car ils représentent à peu près à eux seuls toutes les caractéristiques décrites plus haut, tout en concluant et apportant toute une réflexion. Il serait tentant de proposer uniquement ces deux épisodes pour présenter la série à celui qui ne serait pas convaincu, malheureusement beaucoup d’éléments ne peuvent être compris sans avoir vu les épisodes précédents, mais quitte à ne peut-être pas regarder la série je les conseille tout de même. Faisons un rapide résumé, notre héros a déjà eu une dizaine de vies différentes et n’a jamais réussi à avouer sa flamme à Akashi, l’épisode 10 prend place quand le personnage décide de vivre reclus dans ce qu’il décrit comme son espace sacré, la chambre de 4,5 tatamis où il passe toute son existence. Petit point sakuga, cet épisode a été dirigé par Eunyoung Choi (ウニョン), animatrice de talent a suivre activement d’un œil et qui a bossé dans pas mal de travaux avec Yuasa.

Il est déjà intéressant de parler de ce que représente quelques élément de la série. Tout d’abord le personnage est sans nom, ce qui laisse grandement l’ouverture au fait qu’il peut être n’importe qui, il est important ici de noter le fait que le but est de pouvoir s’identifier dedans, le héros est d’ailleurs physiquement très banal et favorise cette tendance. Au contraire des autres personnages, il est hésitant dans ses actions, n’arrive pas à se motiver pour faire des choix dans la vie, il est en réalité très proche de pas mal d’entre nous. J’aurais tendance à dire que ce personnage peut viser particulièrement la classe otaku japonaise, surtout que l’épisode montre un replis sur soi très important. Mais c’est un sujet  très sensible et assez vaseux donc je ne vais pas m’aventurer dans ce sens, en évitant de se risquer dans des conclusions faciles sur une méconnaissance du sujet. Sur le même ordre, il est intéressant de voir que la technique d’animer le personnage à partir de photographies ajoute encore un point sur cette idée de retour à la réalité, la description de sa chambre en est un autre et accentue ce critère.

La peluche accrochée sur sa lumière représente sa frustration et son manque de décisions, le fait qu’il n’a pas su s’avancer vers Akashi et qui est représenté de manière redondante dans tous les épisodes. De manière générale, elle représente son inactivité et met en place ce qui découlera par la suite : Le héros n’arrive pas à se décider parmi toutes les opportunités qui s’offrent à lui. Son apparition est toujours en rapport avec ce sujet et l’amène le plus souvent à se remettre en question, ce qui sera d’ailleurs un élément déclencheur par la suite. La présence du « Johny » est encore un autre facteur qui démontre sa frustration.

Les premières minutes de l’épisode montre la psychologie du personnage, il décrit son environnement et son manque d’intérêt pour le monde extérieur qui n’a  rien à lui offrir d’intéressant en détournant à sa manière la phrase de Terayama Shuji. Il dénigre par la même occasion les autres espaces (autre 4,5 tatamis) désignant ainsi son manque d’intérêt pour ce qui est en fait les autres modes de vie. Se décrivant comme un « idéologue de la chambre de 4,5 tatamis », il forme ainsi un parfait repli sur lui-même totalement à l’écart de ce qu’il se passe en dehors de sa chambre. Lorsqu’il se rend compte de l’interconnexion des différentes chambres il prend d’abord cela comme une bénédiction, lui permettant de vivre comme il le souhaite sans être ennuyé. Ce n’est qu’au bout d’un moment qu’il décide de sortir de son espace et d’aller visiter les autres chambres et ainsi de visiter par la même occasion les différentes vies qu’il aurait pu avoir. Il devient à la suite progressivement triste de la vie qu’il a eu et cite par ailleurs une phrase assez importante : « C’était parce que je pouvais toujours aller en dehors quand je le voulais que je me suis confiné dans la chambre de 4,5 tatamis » [traduit de l’anglais]. Cette phrase marque le début de la réponse à la situation amenée, le héros n’a jamais été aller à l’extérieur (que l’on peut traduire par les différentes opportunités de sa vie), car il avait le choix de ne rien faire. Contradictoire mais pourtant cela régit beaucoup de nos vies, nous somme constamment capable de beaucoup de chose, mais combien d’entre nous faisons le saut ? La majorité d’entre nous préfére rester dans les rangs et ne rien tenter, de peur de se planter.

La découverte des différentes chambre et très intéressantes car le réalisateur a particulièrement bien réussi à faire en sorte que l’on puisse les distinguer les unes des autres, notamment avec un panel de couleur important pour montrer la personnalité différente de chaque chambre et donc de chaque vie possible (ou par l’utilisation d’objets particuliers comme le présentoir du restaurant du Chat chinois chanceux). Tout a long, le héros se pose la question si lui-même à le choix d’avoir ces différentes vies, question que l’on se pose aussi : Peut-on nous aussi être des gens qui se distinguent des autres ? Sur cette question au fond très profonde, l’épisode 10 se termine.

L’épisode 12 est géré par Yuasa qui conclura ainsi la série et la réflexion posée essentiellement dans le précédent épisode. Le début de l’épisode reprend divers éléments de la majeure partie de la série, notamment en présentant de nouveaux les différents personnages ainsi que les différentes vie qu’il a vécu avec nous. Prenant une part importante de l’épisode, son emplacement me semble ici plus comme un vide à remplir dans un chapitre pourtant très important. Quelques points sont tout de même abordés dans cet épisode, notamment sur l’impossibilité de l’interconnexion entre les diverses dimensions, traduit par le téléphone qui n’a plus de piles au moment où il tape son message. On revient aussi beaucoup sur son envie de vivre les différentes possibilités qu’il aurait pu avoir, sous un fond mélancolique lancé par la superbe musique Unmei no Akai Ito Kuroi Ito amenant ainsi de très belle manière la cassure qui va s’opérer ensuite.

Toute comme la peluche de Akashi avait amener au départ la réflexion sur son manque d’initiative, elle sert encore au milieu de l’épisode pour y mettre fin en étant un déclic pour le personnage. Face à cette peluche représentant la plus grosse tristesse de sa vie et face à son comportement d’inactif, tout en se souvenant de ce que lui a dit la vieille femme « Arrête de t’égarer sans buts, et prend tes opportunités avec tout ton cœur ! », une cassure se fait  dans son monde à partir de milliers de mites (en papier ?) provenant en fait de la chambre d’Ozu. Je n’ai pour l’instant toujours pas compris pourquoi l’auteur a utilisé ici précisément les mites pour ce déclic, leur rôle par la suite a son intérêt mais elles auraient très bien pu parvenir par la suite, peut-être quelqu’un a la réponse.

Le héros se retrouve ainsi directement dans la rue, symbole de la fin de son emprisonnement et aussi du cheminement vers ce qu’il doit accomplir. On peut prendre note d’un point que je pense très Yuasesque, les divers riverains changent toujours de vêtements démontrant peut-être les différentes personnalités qu’ils pourraient avoir et ainsi porte à sa manière une certaine dérision à l’importance que l’on accorde aux autres par leur physique. On voit alors un feu de montagne désignant le Gozan et faisant ainsi de manière magnifique le lien avec la fin de l’épisode 1. Il faut ainsi revoir cet épisode après le dernier pour comprendre le plot final. Vers la fin du premier épisode notre héros rencontre Akashi mais ne fait absolument rien pour s’y rapprocher, tout en se soulageant en se disant « c’est bien assez pour aujourd’hui ». Tout à coup Ozu lance au héros de manière incompréhensible un dialogue alors qu’il est travesti et dit ensuite : « Maintenant c’est le moment d’attraper tes opportunités ! », « Si tu ne faits pas de geste sérieux maintenant, je vais sauter ! ». On voit ensuite tous les personnages secondaires arriver (ce qui est vraiment excellent car à ce moment là, on ne les connaît pas du tout) et Ozu tombe dans l’eau, poussé par ses oppresseurs.  Exactement la même scène revient ainsi par la suite dans l’épisode 11, pourtant à ce moment là notre héros court pour sauver Ozu.

Dans sa course le héros perd ses vêtements, signe d’emprisonnement et montrant ainsi qu’il se retrouve délié par ses propres chaînes. Il saute et sauve Ozu qui était en train de tomber, faisant le joint ainsi avec les deux phases de l’épisode 1 et apposant ainsi sa volonté de mettre enfin un pied devant l’autre et prendre des décisions. Une fois sauvé, le maître aide Ozu de la foule tout en lançant une blague assez facile mais efficace « Quand j’ai dit ‘casser un bras’ pour une fille, je ne voulais pas dire pour de vrai ». Ozu est amené à l’hôpital et notre héros rejoint Akashi. Il lui donne ainsi la peluche qui la suivait durant tous les épisodes, signe ultime de sa libération de son carcan psychologique et l’invite à manger.  Akashi répond d’ailleurs « Pour je ne sais quelle raison, j’ai toujours eu l’impression que j’attendais ces mots depuis un moment », phrase bien évidemment peu anodine et qui fait un signe assez naïf mais pourtant important. On peut par la suite présumer qu’il sort avec Akashi, mais on nous laisse tout de même le doute. Une belle leçon de moral de la part de cet animé.

Voilà je termine ici mon billet sur cet arc de cette série, il y aurait bien d’autres explications à portées sur celle-ci comme : Pourquoi le héros n’a pas eu cette conclusion quand il a choisi Akashi dans l’arc des 3 épisodes (que je nomme « arc des 3 décisions »), mais aussi d’autres éléments que j’ai volontairement écarté dans mon analyse car je suis loin d’être sûr de leur sens, en commençant par la présence des mites. C’est réellement une œuvre qui fait office de perle dans le paysage actuel de l’animation, par sa constitution avec tous les éléments reliés entre les divers épisodes, une très bonne mise en scène de la part de Yuasa, un sujet génial et tous les autres éléments que j’ai déjà cité. Et il serait plus qu’intéressant que d’autres personnes, blogueurs en particulier, s’essayent eux aussi à décortiquer cette œuvre et lui rendre hommage comme il le faut. Sur ce.

9 réponses à “The Tatami Galaxy : La série et ses deux derniers épisodes

  1. D’un autre côté, il est plus facile de faire un énième troll sur le moe, ou un post-photos sur la dernière production KyoAni. Mais je suis mal placé pour jeter la pierre, je me suis moi-même arrêté à un simple coup de promotion. Il y a il est vrai de quoi faire un bon dossier, sur toute la filmographie de YUASA d’ailleurs.

    Sinon, parce que j’ai lu ton article :p;, je trouve ton analyse bonne même si, et c’est normal, je ferais parfois une interprétation différente. Par exemple, je ne réduirais pas le personnage principal à une simple personnification de la mouvance otaku, ce n’est qu’un caractéristique? Il est enfermé, sans emploi, peu sociable mais n’a pas de hobbys en particulier. J’y vois plutôt le thème classique du passage à l’age adulte : il n’est plus l’adolescent qu’il était, ses rêves se fracassent sur la dure réalité (académie des expressions bateaux bonjour) et il ne sait pas encore celui qu’il va être.

    • Yep ça fait plaisir de voir une réponse sur mon interprétation. Donc comme dit dans mon article, je mets plutôt la visée sur l’otaku entre parenthèse tant je ne connais en fait que peu de chose sur le sujet. Concernant le retour à la réalité dans son passage à l’adulte, c’est vrai que ce serait aussi une idée secondaire à aborder.

  2. « Au revoir triangle,
    reviens carré.
    Cercle, croix, triangle,
    toujours dans l’angle mort.
    En ce monde trop strict,
    une dinde pentagonale, hexagonale.
    En cherchant le cercle,
    en cherchant le cercle,
    on apprend qu’on ne peut devenir cercle.
    Peut-être n’est-il nul part,
    peut-être est-il quelque part.
    Peut-être est-ce toi au bord de la rivière Kamo.
    Je cherche le cercle,
    je cherche le cercle. »

  3. Un peu comme « Watashi », les mites se replient sur elles-mêmes dès qu’elles ont une source de lumière (l’ampoule de la chambre) et restent autour. Quand le héros saisit l’opportunité, il éteint la lampe donc les mites vont chercher une autre source de lumière qui sera représentée par la réalité : les mites vont guider le héros vers le monde normal.
    Sinon joli billet. Je tenterai p’tet quelque chose quand j’aurai les DVDs.

    Atsuko ???

  4. Merci pour ces analyses qui m’ont rafraichies la mémoire. On en a pas entendu parler des masses de cet anime, hein ? Dès qu’un truc est un peu ardu mais pas sexy, c’est le désert, mais je suis content que la blogosphère accouche de plus en plus d’articles fouillés loin de toute trivialité.

  5. Pingback: L’Antre de la Fangirl » ANIME ~ BILAN 2010

  6. Pingback: The Tatami Galaxy « L'heure du boeuf

  7. Pingback: [Anime]The Tatami Galaxy – Presentation & Analyse | Hello World

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