~Itsuwari no Utahime~ Le nouveau Ai Oboete imasu ka ?

Annoncé depuis mi-2009, soit un peu moins d’un an après la fin de la diffusion de la série Macross Frontier, le film Macross Frontier ~Itsuwari no Utahime~ est enfin sortit sur les écrans noirs nippons fin de l’an dernier. C’est avec une certaine appréhension sur ce que va nous réserver ce film que je me suis plongé dedans. Si j’ai lancé ce titre un tantinet attractif, c’est surtout pour souligner la structure du scénario très semblable à celle du premier film si connu de la série originale. Comme je vais le développer, de la même manière que dans Do you remember love, ce film réalise une histoire parallèle à l’histoire de la série originale. Ce film aux commandes comme à l’habitude de Shoji Kawamori (河森 正治) tente ainsi de renouveler la réussite de DYRL en l’espace de deux heures, un pari au final agréable à voir.

~Itsuwari no Utahime~ = Ai Oboete imasu ka ? Pas tout à fait en réalité même si beaucoup d’éléments correspondent assez. De la même manière certaines bases sont présentes et le départ du film correspond plus ou moins à celui de la série, Alto réalise ainsi au début le concert de Sheryl et n’est absolument pas concerné par l’armée. Pourtant on  nous propose dès les premières minutes un changement important pour nous donner le ton, Alto et Lanka se connaissent. Il n’y a donc aucune rencontre dans le parc avant le concert. Divers éléments divergeant semblables prennent place ensuite mais entrent tout de même dans le fil de la série, le premier concert de Sheryl est ainsi totalement différent permettant par la même occasion de poser tout de suite la qualité de la 3D dont va faire preuve le studio, même s’il s’agit peut-être d’une façade quand on voit certaines scènes moins perfectionnées. De même manière, Sheryl se retrouve dans le combat quand le Vajra s’en prend à Ranka à la fin du concert, alors qu’elle part avec Grace en voiture dans la série originale en rembarant Alto. Ainsi de suite d’autres éléments seront modifiés, si le début prend assez l’allure d’une copie de la série mais en quelque peu différent, il s’avère par la suite qu’il y aura essentiellement de nouvelles scènes pour totalement s’écarter du fil original vers la moitié du film, correspondant plus ou moins au moment avant que Alto et Sheryl aillent dans le camp Zentradien.

En effet à partir d’un moment, on décroche totalement de la série pour réaliser une toute nouvelle intrigue complètement extérieure aux éléments de la série originale. Quelque chose que j’ai beaucoup moins ressenti dans DYRL mais qui rend en fait plutôt bien ici, car le tout est au final assez bien réalisé et mis en place. On se retrouve ainsi dans une nouvelle intrigue dans laquelle Kawamori n’a pas hésité à proposer un contenu parfois un peu osé, refusant ce qui aurait pu être le pire dans cette partie, c’est-à-dire un coté superficiel. On n’atteint évidemment pas le niveau d’une série de 24 épisodes mais le film s’en sort tout de même très bien en proposant une fin originale et qui se démarque assez bien de celle de base, tout en restant assez de qualité. Évidemment si on arrive à ce résultat, plusieurs autres points ont été négligés, de la même manière que les relations ont été totalement éclipsés dans le premier film. On ne retrouve ainsi plus tout l’aspect assez flashback de l’œuvre originale, tout le passé de Alto ou de Michael sont totalement passés à la trappe. Les relations entre eux sont aussi beaucoup plus simplistes, ils sont très amis dès le début ce qui sonne assez faux quand on connaît un peu la série. Bien d’autres détails peuvent être relevés, mais de manière générale les personnages sont peu voir pas du tout développés. Le film est ainsi plus dirigé vers le triangle amoureux et plus principalement envers la relation Sheryl – Alto qui constitue la part la plus importante, laissant quelque peu Ranka de coté à la manière que DYRL semblait oublier Misa au profit de Minmay. Ainsi, Sheryl connait la chanson Aimo de Ranka dès le début de la série, ce qui est sur le coup assez surprenant. Le personnage de Ranka gagne par contre plus dans ce que l’on pourrait mettre dans une attitude moe, on nous propose ainsi de suivre plus en détail les difficultés de son début dans la chanson à travers les différentes publicités qu’elle réalise (en proposant d’ailleurs parfois des choses un peu étrange), et dans les difficultés sentimentales dans lesquelles elle se trouve.

Visuelement InU est très beau voir même parfois magnifique, on remarque qu’un très grand effort a été réalisé pour avoir une grande qualité dans les décors et au niveau de la 3D. On nous le montre d’ailleurs dès le début avec des paysages fort bien réalisés dépassant ainsi la qualité que je trouvais déjà plutôt bonne de la série originale. De même pour la 3D en nous proposant un spectacle vraiment bien fait pour le concert de Sheryl, augmentant de manière considérable cette impression de futurisme et de grandeur. L’animation des combats est quant à elle assez semblable à celle de la série voir un peu mieux, ça bouge vraiment bien et les mouvements des différents vaisseaux sont assez dynamiques. J’ai regretté par contre que si les relations entre les personnages sont plus approfondies, c’est au dépit de réduire de manière plutôt drastique le nombre de combat, on verra Alto se battre à bord de son VF-25 que lors de la fin de la série limitant ainsi de manière importante l’aspect combatif de la série. Certains clins d’œils sont fais, le Macross réalisé ainsi une attaque Daedalus dans le vaisseau ennemie rappelant de manière frappante la scène dans la série Macross SDF. J’ai aussi eu l’impression que les mouvements sont un peu plus réalistes et un peu moins « droits » dans le film, renforçant l’aspect réaliste, de même les mouvements d’Alto dans son « jet portatif » sont aussi beaucoup plus jolies et donne une plus grande impression de vitesse, il est ainsi plus utilisé dans le film et ne fait ainsi plus office de décoration. Par contre l’animation s’accorde parfois le droit à de sacré « bug », avec des têtes sortant d’un coup totalement de l’esprit original, tentative que je trouve ici ratée car ce genre de design ne correspond pas à l’esprit de la série.

Coté musical le film possède de nouvelles chansons mais la BO de manière générale reste la même que celle de la série. Pink Mossoon (proposé avant) semble être le tube principal du film mais je préfère nettement le Don’t be late de celle-ci (la version passée lors du Macross Galaxy Tour était géniale). J’ai retenu ainsi trois nouvelles chansons, deux chantées par Sheryl et qui sont ainsi assez bonnes sans m’avoir trop marqué, et le générique de fin chanté par Ranka qui est beaucoup plus sympathique. Il est aussi intéressant de noter que comme dans DIRL, le film a proposé des dialogues en anglais pour renforcer l’aspect « international » que représente Frontier, un petit détail qui est tout de même très appréciable.

~Itsuwari no Utahime~ nous propose ainsi un très bon moment, notamment avec une animation de très bonne qualité malgré quelques points plutôt étranges. S’il se concentre surtout sur les relations entre les personnages de triangle amoureux, il reste tout de même un bonne partie dans la lignée principale mais tout en proposant un contenu original avec des nouvelles scènes. La deuxième partie divergeant totalement de la série originale a plutôt bien pris de mon coté et propose ainsi un contenu original assez accrocheur. On regrettera à moitié les relations entre les personnages qui manquent ainsi que l’aspect combatif assez éclipsé durant au moins 1h30, même si ces passages sont au final de très bonnes qualités lorsqu’ils sont présents. Le film nous surprend même à certains moment et l’on reste tout de même dans l’esprit de la série originale. Je reste cependant sûr que comme DYRL, il vaut mieux voir la série avant le film au risque de se faire gâcher une partie du plaisir à vouloir la regarder ensuite. Je suis maintenant en attente du prochain film qui risque de nous proposer quelques belles surprises.

A la fin : Une annonce pour le prochain film Macross Frontier ~Sayonara no Tsubasa~ ?

15 réponses à “~Itsuwari no Utahime~ Le nouveau Ai Oboete imasu ka ?

  1. Ce film pour adolescentes, mal dessiné et qui suinte du dédain que Kawamori nourrit pour l’animation de robots depuis dix ans, n’a pas à être comparé à DYRL. A l’instar de la série du même nom, il est le symbole du renoncement face aux yens des fujoshis.

  2. C’est la question posée par ton billet, et voilà ma réponse subjective : le film est indigne de DYRL à tous les niveaux. Techniquement, il troque l’animation ultra-détaillée du film de 1984 contre une 3D omniprésente qui sera dépassée dans cinq ans – puisque c’est là le destin de tout effet 3D. Scénaristiquement, il n’a pas le trentième du caractère épique et des séquences émotionnelles de son prédécesseur et manque régulièrement de rythme malgré un dernier quart d’heure assez prenant. Commercialement, il adresse de grands signaux d’appel à la fois aux moephiles et aux fujoshis, éjectant au passage le plus de substance mecha possible, pour se muer en film dont la tonalité évoque un cinéma pour adolescentes. Non, ça n’est clairement pas le même ordre de grandeur.

    Ceci étant, ce premier film est structurellement supérieur à la série du même nom. D’une parce que sa durée le contraint à expurger les idées et personnages les plus stupides de la version télévisée – Sheryl à l’école, l’horreur nommée Nanase – mais aussi parce que contrairement à la série écrite avec les pieds, le film semble ne pas complètement oublier en route qu’Alto est le personnage principal, celui par lequel l’histoire doit se dérouler. Il y aurait bien des choses à redire sur le traitement des autres protagonistes, mais au moins le film assure le minimum que l’on puisse exiger d’un script porté à l’écran, ce que ne faisait pas la mouture cathodique.

  3. L’affiche du prochain film suggère un choix difficile à opérer. Enfin je crois !!!
    Pour revenir à Itsuwari no Utahime Jevanni, vous avez eu l’occasion de le voir grâce à l’édition Macross Frontier: Hybrid Pack ( comprenant le jeu et le film ) sorti dernièrement ou en fansub.
    Justement, j’avais l’intention de le commander mais je pense m’orienter vers Macross Ultimate Frontier qui fait office de  » mega best-of  » , et les différentes vidéos du jeu ne m’inspirent pas vraiment.
    Sinon, d’après vos commentaires et ce billet, je suis heureux d’apprendre que le script et l’intrigue sont plus riches et que l’auteur oublie certains personnages « têtes à claques  » de la série éponyme , en espérant également que la B.O. soit un peu plus varié que la série d’origine avec des musiques au rythme un peu plus doux ( dans le style d’Aimo ). A voir, un jour ( après avoir vu l’animé , je ne suis pas trop pressé ).

  4. Amrith > Tu serais pas devenu un peu trop aigri ? Je ne vois pas en quoi on ne peut pas apprecier une très belle 3D uniquement car elle sera dépassée dans quelques années, ça c’est juste trouver un défaut là ou il n’y en a pas. Après je peux comprendre tes autres arguments, même si je ne les partage pas tous. Les appels au moe ou autres, certaines scènes m’ont marqué mais elles ne m’ont pas brulé les yeux pour autant. Scénaristiquement de ce coté je ne peux que te suivre, c’est vrai que c’est beaucoup moins bien géré et je partage aussi cette sensation de ne voir du mecha intéressant que lors des 15 dernières minutes. Ceci dit ce film est-il pour autant mauvais ? De mon coté je ne pense pas, comme tu le dis ta réponse est subjective donc je suis persuadé que même sans être un fujoshi, on est capable d’apprecier ce film pour le moment qu’il propose, sans imaginer qu’il a le potentiel de son prédecesseur.

    Hikaru-san > Ni l’un ni l’autre, je l’ai vu en version originale. Sinon il n’y a pas grand chose à redire, effectivement pas mal de personnages sont passés à la trappe comme j’ai pu le dire, ce qui n’est pas forcément un mal. Concernant la BO, il s’agit bel et bien de l’anciennne mais avec des nouveaux morceaux au nombre de 3, deux sont dans le style « pop » alors que la dernière lors du générique de fin est plus du genre « Aimo ».

  5. On peut tout à fait apprécier la 3D, mais aucunement la comparer aux scènes de combat sur cellulos de DYRL, tout simplement parce que la première, étroitement associée aux moyens technologiques, vieillit très vite, là où le temps qui passe n’a aucune influence sur la qualité d’un dessin fait main.

  6. Merci pour les précisions jevanni, il me reste plus qu’a trouver une VOSTA potable ou attendre une sortie française … qui ne se fera jamais !!!

  7. Si la 3D sera dépassée dans quelques années ( personnellement je la trouve déja molle aujourd’hui ), le film se rattrape grace un excellent storyboard lors des batailles qui impressionne grace aux mouvements de caméras très dynamiques, des rotations qui seraient impossibles a faire avec de la 2D classique tant le nombre de dessins serait alors ridiculement elevé. Si la 3D en soi est pas ce qu’il y a de plus classe, le film l’utilise de manière intelligente afin de bien la mettre en valeur. Si le rendu 3D est déja dépassé, les séquences elles ont de beaux jours devant elle grace a un travail de storyboard très reussi qui aboutit a quelque chose de très jouissif je trouve.

    C’est un peu comme l’animation chiadée sur des dessins qui, pris a part seraient moches mais collés uns a uns donnent une séquence très plaisante a l’oeil. Le jeu de camera pallie ici au manque de fluidité et a la régularité de vitesse ( c’est un défaut, oui ) de la 3D car l’enchainement est dynamique grace aux prise de plans assez ahurissantes.

  8. Pingback: Macross Frontier ~Itsuwari no Utahime~ | FFenril.info

  9. Amrith :
    On peut tout à fait apprécier la 3D, mais aucunement la comparer aux scènes de combat sur cellulos de DYRL, tout simplement parce que la première, étroitement associée aux moyens technologiques, vieillit très vite, là où le temps qui passe n’a aucune influence sur la qualité d’un dessin fait main.

    Mouais, c’est oublier un peu vite que le dessin traditionnel dans l’animation évolue lui aussi avec le temps : les productions des années 60 différent beaucoup de celles des années 70 qui, elles, n’ont que peu de rapport avec les réalisations des années 80, etc. DYRL a beau être un chef d’œuvre de l’animation traditionnelle, son style graphique témoigne de son âge – ce qui n’est en aucun cas un jugement de valeur, mais un simple fait directement observable…

    Pour cette raison, je crois que le débat « dessin traditionnel vs. 3D » est lui aussi dépassé, au moins tout autant que celui qui a jadis opposé les chantres de la peinture avec les doigts sur les parois des cavernes à ceux qui peignaient avec des pinceaux sur des toiles. Vivons avec : il ne sert à rien de pleurer un passé révolu – même si ça ne doit pas empêcher de continuer à contempler ses chefs-d’œuvres.

    Quant à la différence de ton entre le traitement de la série originale de Frontier et celle d’InU, encore une fois comparé avec SDF et son adaptation au ciné, je crois qu’il ne faut pas perdre de vue que Kawamori a bien mûri depuis sa réalisation de DYRL : d’un grand garçon d’un peu moins de 25 ans, il est devenu un « presque vénérable » d’un demi-siècle, il va donc de soi que sa conception des choses a évolué depuis le début des années 80.

    Sans compter que le tout premier Macross se voulait au départ une parodie du genre mecha à travers un mélange du shônen et du shôjo, soit le genre de prédilection des adolescentes de l’époque, et on se souvient bien du succès qu’eut SDF auprès du public féminin ; alors que Frontier évoque beaucoup plus une critique de la vie virtuelle contemporaine qui prive les rapports humains de leur substance concrète – ou du moins quelque chose de cet ordre : la réplique d’Alto à Grace dans le tout dernier épisode de la série (« C’est parce que nous sommes seuls que nous pouvons aimer quelqu’un ») se montre d’ailleurs assez explicite sur ce point tout en s’inscrivant à la perfection dans l' »esprit Macross » – ce qui place Frontier dans une mouvance tout à fait comparable à celle de Plus où, déjà, la modernité du virtuel se voyait singulièrement attaquée à travers le personnage de Sharon Apple… Bref, le discours de Kawamori conserve bien une certaine constance en fin de compte.

    Je crois que ce qui déplaît aux fans de la première heure dans Frontier – la série TV comme son adaptation en film –, c’est qu’il nous montre une évolution du public japonais : les fans de shôjo d’hier sont devenues les fujoshis d’aujourd’hui, soit une autre incarnation de cette apologie du consumérisme à tous crins qui caractérise le Japon actuel et qui trouve ses équivalents dans tous les pays industrialisés…

    Mais il est vrai que je revendique haut et fort mon statut de fanboy ^^

    @ jevanni : je pense comprendre ton attitude avec un titre de billet aussi « provoc' » – ou assimilé – mais je trouve que la comparaison avec DYRL reste « un peu » exagérée ; si je ne nie pas que Kawamori a certainement cherché à renouer avec les racines de Macross à travers Frontier, le discours qu’il y tient montre des évolutions certaines et surtout un certain constat avec les dérives de son temps : du coup, les parallèles entre ce film et DYRL – que toi mais aussi beaucoup d’autres ont retenu – m’évoquent beaucoup plus une forme assez personnelle de fanservice dirigée vers les admirateurs de la première heure plutôt qu’une réelle volonté de faire avec InU ce qu’il avait jadis fait avec DYRL – en fait, tous les points communs entre ces deux films pourraient très bien disparaître sans que ça change quoi que ce soit aux idées de fond de Frontier : ces détails m’apparaissent plus comme des clins d’œil qu’autre chose au final…

    Just my 0.02$, toussa…

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