Retrospective de différents travaux de Masaaki Yuasa

Masaaki Yuasa

Masaaki Yuasa (湯浅政明) est un de ces animateurs qui commence maintenant à s’ancrer dans le milieu de la japanime mais qui arrive toujours à nous surprendre par son originalité. Ayant déjà trois séries à son actif, Yuasa est maintenant une figure plus ou moins incontournable dans l’animation japonaise contemporaine. Cette rétrospective a pour but de revoir les différents et derniers apports de Yuasa depuis son film déjà bien connu Mind Game en 2004 et à travers ses différentes séries et son court métrage proposé dans Genius Party. Il n’est pas question ici de faire une critique complexe de ses œuvres mais plutôt de les faire découvrir et de voir une progression dans ses travaux.

Dès son jeune âge Yuasa est faciné par l’animation mais ne visualise pas encore totalement la différence entre le manga et l’animation à la télévision. Ce n’est que lorsqu’il va voir le film Rupan sansei: Kariosutoro no Shiro (Le château de Cagliostro) de Hayao Miyazaki (宮崎駿) qu’il décide de se diriger vers le métier de l’animation. Dans ses débuts d’animateur, il travaille surtout sur des projets d’animation pour enfants, notamment sur les films Doraemon en tant qu’animateur clé mais aussi énormément sur les différents films de Crayon Shin-chan, toujours au même poste et qui le rendront un peu plus connu. Entre temps il réalise aussi une partie du projet Anime Rakugo Kan, une OAV qui regroupe 4 productions différentes; il réalise ainsi entièrement l’épisode 3. Ce n’est qu’en 97 lorsqu’il réalise le court métrage nommé Onkyo Seimeitai Noiseman sur lequel il occupe le post de co-directeur d’animation et de character designer, qu’il fera la rencontre alors du directeur du projet Koji Morimoto (森本晃司). Après la réalisation de Nekojiru-so (Cat Soup) où il propose vraiment pour la première fois son style plutôt marginal et se fait remarquer, il est introduit par Morimoto au sein du studio 4°C pour la réalisation du film Mind Game et pour le projet Genius Party. A savoir que l’idée de ce film vient à la base de Koji Morimoto et de Eiko Tanaka (田中栄子). Entre ses différents postes de directeur de projet, il bossera encore sur les franchises Shin-chan ainsi que Doraemon toujours en tant qu’animateur clé des différents films. Il sera aussi directeur d’animation de l’ending de la série Michiko to Hatchin (aussi d’une partie de l’épisode 12 ?) et animateur clé dans Samouraï Champloo (séquence mémorable de l’épisode 9). Il s’est aussi occupé du design de l’épisode spécial Noximilien l’horloger de la série Wakfu pour le studio Ankama, diffusé le 5 juin sur France 4.


Nekojiru-so – Studio J.C. Staff

Mind Game (2004)

Mind Game (マインド・ゲーム) est sûrement le film qui a fait découvrir pleinement le potentiel de Yuasa aux yeux du public. Le film se démarquera aussi par l’obtention des prix Japan Media Arts Festival ainsi que le prix Mainichi Noburō Ōfuji récompensant les nouveaux artistes prometteurs. Le film aura aussi le soutient du studio Madhouse qui sera en fait le futur studio attitré de Yuasa en tant que directeur de projet.

Nishi est un homme banal, peureux depuis son enfance il n’a jamais rien fait l’engageant pour avancer dans sa vie. Il vit son existence et voit son amour de toujours, Myon, partir avec un autre homme devant ses yeux sans même avoir la volonté de ne faire quelque chose pour changer la situation. Un jour, alors qu’il part manger avec celle-ci dans le restaurant familial où travaille la sœur de Myon, des yakuzas viennent dans le restaurant pour en découdre avec une affaire de femme auquel est mêler le père de Myon, dans l’action Nishi se fait tuer. Au paradis, face au destin qu’on lui montre il décide pourtant de vivre, de choisir sa propre destiné. Il remonte le temps et tue alors un Yakuza, s’enfuyant avec Myon et sa sœur pour finalement atterrir dans un endroit isolé, le ventre d’une baleine où vit depuis 30 ans un vieil homme.

Le film se démarque déjà par son scénario auquel on donne malheureusement un peu facilement le mérite à Yuasa. Il faut savoir que Mind Game est avant tout un manga en trois volumes de Robin Nishi (西ロビン), mangaka lui aussi plutôt marginal et peu connu même au Japon avant la réalisation de ce film.  Il est important de faire la dissociation car ce scénario est une pure merveille apportant de manière magique plusieurs thèmes. Si Yuasa a aidé grandement à les mettre en valeur dans son film, il n’en est pas pour autant celui qui en est l’auteur. Il est tout aussi important de noter que le manga possède aussi beaucoup de caractéristiques visuelles du film avec notamment un genre brouillon dont je parlerai encore plus tard. C’est quelque chose que je voulais tout d’abord particulièrement tirer au clair.

Parlons d’ailleurs de ce scénario, le thème principal de cette œuvre et qui se distinguera de manière continue dans tout le film est la place de l’homme dans la société et plus spécialement ses ambitions dans cette même société. Nishi est l’archétype du personne qui se laisse complètement bercé par celle-ci, il ne décide de rien, ne change rien, prend ce qu’on lui donne et refuse de se battre pour ses choix. Ce n’est qu’après sa mort qu’il prend de plus en plus conscience de ce devoir de prendre les choses en mains, de vivre en quelque sorte, de se réaliser sa propre destiné et non pas celle qu’on lui donne. Cette philosophie prend d’ailleurs place dans une phrase très présente dans le film : Votre vie est le résultat de vos propres choix. Si le film prend ça comme axe principal, on a aussi éparpillé quelques idées écologiques ou sur d’autres faits sociétales. Il y a aussi un énorme travail dans les multiples métaphores visuelles utilisées pour décrire des actions et des sentiments, randant ainsi l’œuvre à la fois unique et un peu difficile à approcher.

Et c’est là que prend toute la nature du rôle de Yuasa. De base on pourrait croire visuellement que Mind Game n’est qu’un fourre-tout de différents styles, mélangés à titre expérimental et de manière mal maîtrisée. Mais il n’en est évidemment rien, Yuasa joue d’ailleurs énormément sur les couleurs et sur les formes rendant le travail de Robin Nishi on ne peut plus vivant, c’est dans cette idée que le style de Yuasa prend toute son élégance. On qualifie le son genre de rough drawn style pour caractériser ce style brouillon et qui prend de multiples formes, c’est ainsi une expérience visuelle unique qu’il nous offre et qui permet de modeler à son envie les différentes scènes pour en sortir différentes formes qui retranscrivent au mieux une émotion, permettant d’exprimer à la fois des scènes à l’air psychédélique avec des moments beaucoup plus planants. Il importe ainsi différents talents de plusieurs animateurs, les mixe et forme ainsi un travail aux multiples styles. Si c’est quelque chose qu’il utilisera continuellement dans sa carrière, je trouve que c’est dans ce film que l’on peut mieux le voir et le ressentir. Le travail de Yuasa ne s’arrête pas là, la mise en forme est aussi grandement réussie par un rythme rapide sans pour autant se forcer. A cela s’ajoute une animation parfaitement fluide et de la 3D très bien intégrée, on obtient ainsi une œuvre visuellement innovante mais parfaitement maîtrisée et du coup magnifique.

On notera aussi que la bande son a été donné à Shinichiro Watanabe (渡辺 信一郎) en tant que directeur musical et le résultat est plus réussi. A savoir aussi que le film a été édité par Kaze et fait l’objet d’une belle édition collector en 2 dvd avec notamment des documentaires sur la réalisation de la 3D, des interviews du staff et des scènes commentées.

Mind Game – Studio 4°C

Kemonozume (2006)

Kemonozume (ケモノヅメ) est la première série que l’on confie à Yuasa et scelle ainsi un partenariat entre lui et le studio Madhouse. C’est aussi à partir de cette série qu’il commencera à travailler étroitement avec Nabukata Ito (伊東伸高) en tant que character designer (il était uniquement animateur clé dans Mind Game).

Dans les temps anciens, quand les dieux avaient encore forme humaine, un homme sauva une femme qui allait être sacrifiée. Ils subirent la colère divine et se changèrent en démon ne pouvant manger que de la chair humaine. Dans une époque plus ou moins contemporaine, ces démons se cachent parmi les humains. Une faction secrète, une famille, défend les humains contre ces monstres : La Kifuuken. Alors que Toshihiko allait prendre les rênes de cette organisation, il tombe amoureux de Yuka. Mais pendant qu’ils se nouent d’amour, il ne se doute pas une seconde qu’elle est en réalité un de ces montres, un Shokujinki.

Kemonozume possède une thématique propre à Yuasa, celle de la nature des sentiments mais aussi de la justice. Si le concept de base n’est pas très original, la mise en œuvre du scénario est quant à elle très bien faite. On ne s’ennuie pas du tout, les personnages sont tous très charismatiques et l’ambiance générée par l’univers est très intéressante, surtout au niveaux des personnages principaux qui sont particulièrement réussis. Étonnamment l’intérêt du récit ne réside pas spécialement dans le combat entre les deux castes mais plutôt dans ce jeu de sentiments entre les protagonistes. Les différents épisodes usent de plusieurs registres différents, ce qui renforce l’intérêt que l’on peut avoir de la série. L’humour est très présent de manière implicite ou explicite, c’est d’ailleurs une partie importante et indéniable que je trouve à cet anime.

L’animation est d’une très bonne qualité et est parfaitement fluide. L’ensemble se donne un genre brouillon, crayonné, parfois les choix de perspective sont volontairement étranges, les personnages ont souvent un visage modifié entre les différents plans. Malgré ce coté inhabituel de l’animation, on sent pourtant que le tout est bien maîtrisé et il en va de même pour le choix des couleurs. La bande son jazzy très présente au début se fait plus discrète au fur et à mesure de la série mais renforce tout de même l’ambiance action/romantique. Yuasa nous propose ainsi un jeu savamment orchestré de ses propres mains, les plus dubitatifs diront que cet anime tire son succès de son animation quelque peu anti-conformiste mais ce n’est pas tout, Yuasa révèle ici sa capacité à fournir un scénario et une trame à la fois très diversifiés dans leur contenu mais au final parfaitement ficelés.

Comme c’est le cas pour beaucoup d’autres de ses œuvres, Kemonozume se caractérise aussi par le fait que certains épisodes ou certaines séquences de la série abordent un style complètement différent. C’est quelque chose que l’on peut facilement constater dans certains épisodes de la série qui sont clairement en marge avec le reste, notamment ce début de l’épisode 10 réalisé par Eun Youg Choi (崔恩荣) et qui bossera aussi sur Kaiba (et qui sera aussi la réalisatrice de l’épisode spécial de Wakfu). La série se caractérise aussi par de la violence et un contenu plus adulte beaucoup plus prononcé après les premiers épisodes passés, que ce soit sur la forme ou le fond. De la même manière, on sent aussi que Yuasa prend plus de liberté au niveau du contenu au fur et à mesure que la série avance, notamment en mettant en scène des passages un peu plus psychédéliques lorsque l’on approche du dénouement. La série devient ainsi quelque peu vivante et évolue au fur et à mesure que les épisodes passent.

Kemonozume – Studio Madhouse

Happy Machine (Genius Party – Omnibus) (2007)

En 2003 il fait parti du projet omnibus du studio 4°C nommé Genius Party. Un projet omnibus étant une compilation de plusieurs séquences produites par différents réalisateurs sous un même thème pour former dans ce cas-ci un film. Le thème principal de ce projet est « l’énergie » mais dans son sens large, laissant le choix aux réalisateurs de se laisser dans différentes directions parfois plutôt opposées. Dans ce projet on peut voir des personnalités importantes comme Shinichiro Watanabe (渡辺 信一郎) ou Shoji Kawamori (河森 正治). Le projet est finalement proposé en 2007 sous deux parties :  La première nommée à juste titre Genius Party comprend le court métrage de Yuasa nommé Happy Machine ainsi que ceux de six autres animateurs; la seconde partie est nommée Genius Party Beyond et comprend alors cinq segments terminés mais qui n’étaient pas proposés dans la première partie.

Happy Machine représente l’évolution d’un bébé dans un court métrage d’environ 15 minutes. L’enfant au début est heureux, il vit seul dans une sorte de capsule où des parents virtuels s’occupent de lui. Seulement après la fin d’un compte à rebours, l’enfant est éjecté de sa capsule et doit alors se débrouiller dans le monde extérieur. Il découvre alors différents éléments de manière innocente, tout d’abord le feu auquel il donne de la nourriture et qui va l’effrayer, puis l’eau source de vie. Il fera connaissance alors de la mort et de la tristesse mais aussi de l’amitié et de toutes sortes d’autres sentiments. Puis une fois son voyage terminé et après avoir accumulé un ensemble d’expériences, il lègue son histoire à un autre enfant exactement dans la même position de départ, faisant aussi don de sa personne pour le bonheur du bébé.

Ce court métrage est visuellement propre à Yuasa, on retrouvera d’ailleurs quelques éléments (notamment dans le design et le concept des animaux) dans sa future série Kaiba. Le tout est soigné et mélange comme à son habitude une sorte de poésie avec un fond pourtant plutôt dur et qui possède une véritable emprunte. L’ambiance sonore est quant à elle plutôt normale comparée à d’autres de ses productions. Pourtant l’ensemble rend plutôt bien et Yuasa nous propose ici un travail conforme à ce que l’on a l’habitude d’avoir de lui, montrant une fois de plus comment il arrive à mélanger un thème sérieux sous un fond beaucoup plus léger. Cette production est disponible sur youtube en deux parties que vous pouvez voir ici.

Happy Machine (Genius Party) – Studio 4°C

Kaiba (2008)

Kaiba (カイバ) est sûrement l’œuvre la plus reconnaissable de Yuasa à mon goût. Développé au sein du studio Madhouse, Kaiba se démarque totalement par un scénario plutôt décalé et une animation originale. Il faut aussi noter que Kaiba possède quelques épisodes réaliser entièrement par certaines personnes, ce qui fait que visuellement la série regroupe plusieurs styles à la fois, quelque chose d’en fait très propre au genre Yuasa dans ses différentes productions et que l’on a déjà pu noter avec Kemonozume ou Mind Game.

Dans un monde où l’on peut transférer ses souvenirs d’un corps à un autre à travers une puce, les corps physiques et les souvenirs n’ont plus qu’une importance monétaire. Dans cet univers, Kaiba est amnésique et est poursuivi, sauvé par un certains Popo-san il fuit alors que son corps semble recherché. Il découvrira alors la diversité de son monde mais aussi le mystère qui l’entoure.

La série se divise en deux parties : La première permet de découvrir l’univers en même temps que le héros principal alors que la seconde éclaire sur la réelle personnalité de Kaiba. Kaiba devient ainsi au début l’ingénu de son monde au même titre que le spectateur. La mise en place du contexte laisse paraître un univers complètement régi par l’argent et le pouvoir, où la place de l’homme ne semble pas avoir lieu. Cette introduction se fait à travers différents dialogues et des scènes explicites, avec notamment des passages d’une violence totalement dissimulée par le couvercle de l’animation mais en réalité très crue. Le monde de Kaiba est un monde de mort, de force et de haine en plein contraste avec la narration plutôt enfantine et le visuel qui va avec. En effet l’animation est très distinctive, une animation que l’on pourrait habituellement caractériser de très enfantine avec des contours ronds au maximum et des fonds plutôt unis. Le travail de Nobutaka Ito est une nouvelle fois remarquable et est parfaitement en accord avec ce concept.

La bande originale joue aussi un rôle prédominant dans l’animé et contribue à cette ambiance douce. C’est donc avec du recul qu’il faut regarder cette œuvre qui cherche en fait à mettre en avant l’être humain et ses sentiments. Cette ambiance douce et délicate semble ressembler au monde auquel nous vivons, d’apparence féérique mais complètement pervertit par l’homme et ses désirs. Yuasa tente ici de nous donner une leçon très humaniste, remettre en place dans ce monde l’homme en avant grâce au sentiment d’amour. De manière parallèle, Yuasa nous propose d’autres thématiques comme celle de la justice amenée de façon très agréable à travers certains exemples marquants. A cela s’ajoute une animation très bien réalisée et une bande son simple mais parfaitement en accord avec l’ensemble et qui plus est, plutôt émouvante. Notion spéciale aux différents génériques qui sont de pures merveilles à écouter. Kaiba est une œuvre forte qu’il faut savoir interpréter à sa juste valeur et ce qui en fait peut être l’une des meilleurs contributions de Yuasa.

Kaiba – Madhouse

The Tatami Galaxy (2010)

The Tatami Galaxy ou Yojō-Han Shinwa Taikei (四畳半神話大系) est la dernière production en date de Yuasa. La série est actuellement proposée en simulcast par Kaze sur son portail. L’idée originale de cette série provient du roman de Tomihiko Morimi (森見登美彦) et on retrouve toujours le studio Madhouse derrière. L’une des particularité de cet animé est aussi sa diffusion dans la nouvelle tranche horaire noitaminA qui a pour but de toucher une population de jeunes adultes, cette tranche horaire commençant à partir de minuit 45 (mais qui ne marche apparemment pas beaucoup).

Alors qu’un jeune homme mange à un stand de ramen, il rencontre un Dieu qui a pour mission d’unir les hommes et les femmes. Seulement là il ne sait pas qui choisir entre lui et Ozu pour être avec Akashi. Il est alors renvoyé dans ses années de faculté où il va entrer dans différents clubs et tenter de se rapprocher d’Akashi malgré son caractère timide.

La différence majeure entre The Tatami Galaxy et ses autres séries TV serait que le scénario provient d’un support extérieur (comme pour Mind Game) ne laissant alors peut-être pas toute la liberté artistique de Yuasa. Pourtant on sent bien sa patte même si encore une fois il réalise visuellement une œuvre différente avec des couleurs plus saturées et qui tapent à l’œil, ainsi qu’un contraste plus fort. Cette modification visuelle s’opère aussi au niveau du design des personnages qui démontre parfaitement comment Nobutaka Ito arrive à modifier et coupler son style avec Yuasa de manière très convaincante. Seulement on a l’impression que le tout est légèrement bridé avec notamment un style qui sur la forme reste assez classique, mais aussi par le fait de ne plus avoir de manière si perceptible l’animation « fragmentée » par différents animateurs.

Sur le fond The Tatami Galaxy ne possède pas de trame linéaire, chaque épisode propose une nouvelle activité du personnage principal, le plus souvent à travers un club particulier. On a donc plus cette sensation que Yuasa veut nous amener au fur et à mesure vers une conclusion, d’ailleurs la série fait appelle à des redondances de certaines séquences réalisées exprès pour renforcer cette impression. La série se démarque aussi par des dialogues à vitesse ultra rapide, les personnages possèdent aussi des caractères très singuliers, ceux qui les rendent plutôt charismatiques. L’ensemble de ces éléments font de cette série une œuvre avant tout comique, qui la différencie ainsi des autres séries de Yuasa plus sérieuses à mon goût. Elle figure ainsi pour lui comme un nouveau genre dans son registre, qui contraste mais qui reste pour autant propre à Yuasa. Peut être assistons nous par cette série à un nouveau genre de ce réalisateur ? On a malheureusement du mal à retrouver ce que l’on pouvait voir dans Mind Game à travers cette série. Je mène à penser que l’on peut arriver à un scission dans le public fidèle à Yuasa, ce n’est pas un reproche mais c’est une conséquence logique à l’évolution d’un style.  Peut-on alors vraiment parler de « style Yuasa » tant il le rénove au fur et à mesure de ses productions ? Mais c’est aussi peut être une partie de la magie de ce réalisateur. Toujours est-il qu’on entendra parler sûrement encore parler de Yuasa dans l’animation de demain, pour le bonheur de certains et le malheur d’autres.

Yojō-Han Shinwa Taikei – Madhouse

Sources : Le profil de Masaaki Yuasa sur ANN et les différentes pages associéesUne interview de Masaaki Yuasa sur fps magazineLe site de Genius PartyLa fiche associée sur WikipediaNoitanimA sur Wikipedia Catsuka

6 réponses à “Retrospective de différents travaux de Masaaki Yuasa

  1. Une filmographie argumentée très à propos. De mon point de vue, il n’y a pour moi aucun doute que le renouvellement perpétuel de Yuasa fait tout le sel du travail de ce réalisateur, la marque d’un vrai créatif contrairement à Shinbo qui fait toujours la même chose (Always feed the troll).

    Pour autant, le virage comique de The Tatami Galaxy m’avait un peu surpris au début. En définitive, je trouve qu’elle se dessine comme la meilleure série de Yuasa, comme quoi. Enfin tant mieux si le bonhommme se bonifie avec le temps.

    PS : Faudra vraiment que je pense à regarder Mind Game un jour.

  2. Excellent article !

    Je suis un grand fan du monsieur, une grosse brute en animation et un artiste très inspiré.

    J’espère que ça donnera envie à certain de découvrir ces petits chefs-d’oeuvre!

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