Major, après 5 saisons, 129 épisodes et 52 heures

Pendant la fin de l’an dernier j’ai eu la bonne idée de vouloir commencer Major en même temps que mes révisions de partiels, j’aurais pas dû. Tous les animés de sport, aussi mauvais soient-ils ne me font pas décrocher de mon écran une fois les 3iers épisodes passés. Je me suis donc affilé l’intégrale des 5 saisons en environ 3 semaines et presque sans indigestions cérébrales. Major par sa longueur n’est pas une série que l’on peut critiquer comme un tout, chacune des saisons ayant tout de même beaucoup de différence que ce soit du point de vue du scénario ou au niveau technique, s’étalant tout de même sur 5 ans (2004-2009) et ayant même une nouvelle saison prévue pour avril prochain (en même temps K-on d’ailleurs …). Dans ce « dossier », je vais donc parler de Major saison par saison et de manière indépendante pour pouvoir être plus précis dans mes propos.

Takuya Mitsuda (満田拓也)

Introduction : Takuya Mitsuda

On ne sait pas grand chose sur Takuya Mitsuda avant son manga Major et pourtant en 1982, il remporte le prix débutant du Shogakukan (une maison d’édition japonaise qu’il ne quittera d’ailleurs plus) pour son manga Banyū. En 87 il publie toujours chez le même éditeur NTT Kabu wa Taika Kesuru!, dont pour ne rien vous cacher je ne sais rien du tout. En 89 il créait Kenta Yarimasu! (健太やります!) narrant l’histoire de Kenta Igushi, un jeune lycéen qui veut gagner le tournoi inter-lycée de volleyball malgré sa petite taille, le tout publié en 26 volumes. C’est en 94 que l’auteur publie les premiers chapitres de Major (メジャ) dans son magazine de prépublication habituel : Shonen Sunday. En 96 il remporte grâce à ce manga le prix Shogakukan, mais cette fois-ci dans la catégorie shonen. Le manga possède à l’heure actuelle rien que 74 tomes au Japon et est toujours en continuation, récemment le dernier

Kaoru Shimizu - We love U

tome a même été le 7ème tome le plus vendu sur l’archipel (dans la semaine du 14 décembre) et s’est actuellement écoulé à plus de 200.000 exemplaires, chaque tome se vendant environ à 300.000 exemplaires (rapide calcul : 300.000 x 73 = 22 millions d’exemplaires vendus !). Devant cette popularité, le manga a été rapidement adapté à la télévision pour arriver fin 2004 sous les écrans nippons. Les premières saisons ont été réalisées par le studio Hibari, mais la dernière saison et le film ont été réalisés par le studio Xebec. Il semble y avoir quelques différences entre le manga et l’animation, notamment avec des changements de noms pour les équipes (Yokahama Blue Ocean était à la base Yokahama Marine Stars par exemple) mais surtout la suppression de scènes violentes du manga lors de la translation sur la version animée. Pour l’instant, aucun des deux supports n’a été édité en France, peut-être qu’il semble difficile pour les éditeurs français de commencer une série déjà si longue.

Attention ! Comme toute bonne critique : Spoil Inside.

Major saison 1 : Je suis un génie et je me la pète

Goro est l’enfant d’un joueur de base-ball professionnel et ayant perdu sa mère lorsqu’elle l’a mis au monde. Passionné de base-ball comme son père, il ne fait que jouer à cette activité à la maternelle où il attire l’attention de sa maîtresse, elle-même attirée par son père. Seulement un incident va arriver lors d’un de ces matchs pros.

On aime le baseball et on est pas content !

Contrairement à beaucoup, je n’ai pas beaucoup aimé la 1ère saison de Major, le tout tient à Goro-kun et son attitude à vouloir recevoir des claques. Là où les animes de sport valorisent plus que tout les relations d’équipe, l’esprit de communauté si cher dans les traditions japonaises, la première saison la fait transparaître de manière évidente même si certains passages en tiennent bien compte. En gros, l’équipe se tiendra à Goro pour environ les 3/4 de la saison, non pas qu’ils n’évolueront jamais mais plutôt que Tayuka s’est efforcé à laisser Goro tout le temps sur le devant de la scène presque pendant tous les matchs. Remarquez, certains personnages secondaires sont à tuer tellement ils sont peu charismatiques, je retiendrais tout particulièrement la tête à claque (c’est le mot) que l’on voit tout en bas à gauche de Goro sur la photo qui ne fait QUE se plaindre pendant presque tout l’anime. Par contre, bon point pour cette série en amenant le thème familial à un point plus important, lançant ainsi une sorte de seconde intrigue au récit de manière correcte, sans pour autant flinguer la partie base-ball.

Saison 2 : Je me suis pété un bras, bousillons l’autre

Goro est maintenant au lycée où il rejoint ses amis après une absence et après une blessure à l’épaule. Il va tenter tant bien que mal de reconstruire une équipe de base-ball et gagner le tournoi et surtout contre son ami d’enfance, Toshiya Sato. La seconde saison sera aussi le lieu où il tentera d’intégrer la prestigieuse école de Kaido à travers son camp spécial.

Fond flash de la mort qui tuuue.

Goro est toujours une grande gueule mais du muscle en plus. Après être revenu à son lycée, il reconstruit l’équipe en 2-3 épisodes et je me suis alors dit un petit : WTF ? D’une saison à l’autre on oublie complètement les anciens personnages secondaires, pas un mal me direz-vous mais tout de même. Et bien oui, on zappera ainsi les personnages secondaires de manière récurrente, sauf peut être lors de la saison 5 où on les retrouve un peu. Sur le coup je suis tout de même déçu, il y avait certains bons éléments comme par exemple Sawamura (celui en second plan) dans la 1ère saison et j’aurais aimé les revoir continuer à jouer du base-ball. Le premier arc de la saison avec le tournois est plutôt rapide avec 9 épisodes, les 17 autres étant sur Kaido. Alors là je n’en parlerais pas beaucoup mais j’ai eu un second WTF avec l’arrivé d’un joueur aux manières gays (ou comment ne pas être crédible). Et puis ce camp spécial de préparation pour Kaido, c’est tout simplement N’IMPORTE QUOI. Goro est le hulk de l’animation, toujours meilleur, toujours plus fort, trainer sur une pente raide à 70°, les jambes attachées, un sac de poids au ventre, des lions qui le pourchassent, ce n’est pas suffisant pour lui, alors il tracte un pote ! Mais oui ! Pourquoi je n’y avais pas pensé ?! Sérieusement, je veux bien admettre qu’un héros se doit d’être d’une manière exceptionnelle du point de vue physique mais là ça atteint tout de même l’ordre du ridicule …

T'en mettras 3 sur la route la prochaine fois !

Pour ces raisons, la seconde saison est pour moi la moins aboutie même si elle s’améliore en quelques points. Déjà la bande son est meilleure, elle n’entre pas dans le remarquable mais s’améliore de la première saison avec une ambiance plus rythmée. Ensuite elle intègre de nouveaux personnages assez charismatiques qui viendront agrémenter plus tard les prochaines saisons. Mais pour finir, le défaut majeur des premières saisons commence à s’exprimer vraiment dans cette saison, c’est la tendance de Goro a avoir des tendances masochistes, on sera pendant un moment constamment sous le feu de « Tu vas détruire ton bras, ne joues pas ! – Si je vais jouer ! – Je ne peux pas laisser mes adversaires ainsi ! ». Sympa au début, saoulant à la fin.

Saison 3 – C’est au tour du pied …

Goro quitte Kaido pour le défier au tournois inter-lycéen, cependant il a du mal à trouver un établissement et rejoint ainsi Seishu, un lycée surtout féminin. Il va ainsi devoir convaincre le moindre élève masculin, les entraîner afin de battre ainsi la meilleur équipe de la catégorie : Kaido.

Gow Gow Gow !

Et on est reparti pour un tour, on zappe tous les anciens personnages (mise à part Kaoru – ouf !) et on recommence ! Cette fois-ci ça se passe en deux temps, la formation de l’équipe puis ensuite les matchs proprement dit. La première partie est quelque peu barbante, on s’ennuie ferme à voir Goro convaincre à chaque nouvel épisode un nouveau camarade, tout le monde ayant sa petite histoire pour ne pas participer. La partie tournoi est nettement plus intéressante, on voit enfin un effet visuel dans la balle de shigeno et dieu sait comme on l’attendait celle-là, rendant le lancer enfin un peu plus impressionnant. Le jeu d’équipe ressort un peu plus et les matchs sont un poil plus techniques. La bande son s’améliore encore un peu même si ce n’était toujours pas ça à mon goût, par contre les endings sont pitoyables, surtout le 1er où l’on voit Kaoru courir et puis … heu … courir. L’opening décroche pas des masses non plus alors que l’opening de la seconde saison était franchement pas mal, ainsi que la 1er ending de cette même saison. Puis on arrive en plein dans le problème puissance 10 de Major : La blessure au pied de Shigeno, ça en devient carrément ennuyant de le voir continuer à jouer avec sa blessure, car on sait très bien comment ça va se finir, c’est à croire que Takuya ne s’est pas quoi mettre en face pour continuer ainsi ! Le gros point noir de la saison qui gâche vraiment une partie du plaisir malheureusement. Pour certains, l’aspect familial étant laissé de coté, Major aurait perdu son intérêt, je ne suis pas de cet avis même s’il est vrai qu’on peut le regretter.

Saison 4 – America is great !

Le Japon ça pue pour le baseball, alors notre héros prend son petit avion pour l’Amérique histoire de montrer que de toute manière, les américains sont des mauvais et que lui il déchire tout. Sauf que ça va pas se passer comme ça.

Dans ta face !

La saison 4 se caractérise notamment par un visuel totalement neuf et bien plus frais que les précédents, ce qui est peut être du à l’entrée du studio Synergy SP pourtant plutôt habitué à travailler en tant qu’intermédiaire. On se retrouve donc avec un visuel assez bien travaillé et des couleurs plus parlantes, ainsi qu’une animation plus fluide dans les actions ce qui fait un grand bien à la série. Au début Major se perd dans une erreur pourtant bien logique, celle de vouloir faire parler Shigeno en anglais durant toute la saison, ils ont tenté de nous faire croire à cette blague pendant 3 épisodes avant de revenir presque tous les temps à du Japonais, il fallait dire que c’était tout de même impossible. Le début nous gratifie aussi d’une leçon de morale qui me semble complètement inutile et surtout irréaliste, celle d’un joueur raciste depuis son enfance qui devient en 10 minutes de matchs ouvert d’esprit comme un véritable défenseur des droits de l’homme, après ça je ne peux que dire : LOL. On a aussi tenté de nous faire croire 1 épisode que Shigeno allait apprendre un nouveau style de lancer mais … mais … non ! Finalement il ne se focalisera dans cette saison que sur son direct comme les 3 autres saisons, j’en ai un peu ragé.

Occupant uniquement le post de closer (le lanceur qui finit le match), il prend ainsi moins la place de « over-player je fais tout » qu’il avait avant, rendant le tout plus réaliste. On est ainsi moins sous le coup des blessures répétées et ça soulage un grand coup ça. Par contre je regretterais que malgré le fait que les quelques nouveaux personnages soient développés, ils manquent énormément de profondeur et on s’y attache au final que très peu (remarque, ils giclent à la fin de la saison comme d’hab alors …). On suit aussi en parallèle Sato en ligue pro au Japon, histoire de ne pas perdre le fil avec ce personnage pivot de l’histoire. Un point qui se distingue reste la bande son où un réel effort a été fait, alors on aime ou on aime pas mais il faut dire que rien que l’entrée de Shigeno sur le terrain en jette tout de même un peu plus et rend le tout selon moi plus palpitant. J’ai aussi été un peu déçu par la fin mais de manière paradoxale, derrière tous ces défauts cette saison reste pour moi la meilleur, car le baseball est vraiment mise en avant cette fois-ci.

Saison 5 – Quand le baseball passe à la trappe

Shigeno revient au Japon et rencontre de nouveau Kaoru où elle finit par la raccompagner aux Etats-Unis. Pendant ce temps, la coupe inter nation se prépare et Shigeno a bien l’intention de la gagner avec Sato contre les ‘ricains dans l’équipe nationale.

J'ai des courses à faire ...

Saison 5 ou comment ne pas parler du baseball dans un anime de baseball, remarque ce n’est pas un mal car on peut enfin voir la relation Kaoru/Shigeno évoluer, en 1 épisode on a fait 10x plus que pendant 4 saisons alors j’ai lâché une petite larme pendant ce moment, surtout que Kaoru, elle déchire quand même grave. Bref le baseball est quelque peu mis de coté et passe presque en second plan lors de cette coupe, devenant ainsi tout le contraire de la saison précédente. De la même manière, il y a un net développement de la psychologie de Sato, aussi une introduction du père de Shigeno dans le baseball (qui n’a d’ailleurs selon moi, absolument pas sa place) et un approfondissement de la psychologie du personnage de Gibson ainsi que de son fils. J’ai carrément été déçu sur ce point, on sent clairement pas l’esprit baseball dans la course, on a 3 matchs qui, il est vrai, sont différents dans les techniques employées par les adversaires mais ça reste tout de même artificiel comparé aux autres saisons. D’ailleurs parfois on est clairement amené à ne pas réfléchir au match qui se joue mais plutôt à un personnage en lui-même, dommage. Mais le pire de tout restera la final, torché comme jamais comme une daube. Aucune palpitation, aucune attente, RIEN, le match ne provoque absoulement rien chez le téléspectateur tellement il est peu mis en avant, finalement qu’il perte ou qu’il gagne on en a peu rien à foutre, le comble pour une finale mondiale !

Bref une belle déception sur ce point de vue là, même si mon admiration pour le personnage de Kaoru a réussi à vaincre pour me donner l’impression d’avoir passé un bon moment. Coté son, ça reste au niveau de la saison 4 même si les génériques ne sont pas terribles (ou peut être l’ending 2). D’ailleurs ça me fait penser que Kaoru a son propre ending dans la saison 4 et puis voilà, Kaoru quoi. Coté animation, Xebec a ajouté de nouveau un visuel encore un peu plus propre que la fois précédente et c’est plutôt joli.

Film et conclusion

J’aimerais ajouter un mot sur le film qui se déroule entre la saison 1 et 2 et qui a été réalisé après la saison 4. J’ai plutôt été déçu par celui-ci, il mélangeait quelques scènes déjà vues dans les épisodes TV pour ne pas se perdre et des scènes originales, mais il manquait ce quelque chose de passionnant, le tout étant peut être un peu trop rapide comparé à d’habitude. Bref il reste quelque peu inférieur à la série.

Voilà, j’en ai terminé pour Major, la saison 6 est comme dit plus haut avancée pour avril prochain et je pense la regarder tellement j’aime les animes de sport (un jour, ça me tuera), mais je me demande tout de même de quoi il sera question après cette saison 5. En tous cas on espère cette fois-ci un meilleur mélange Kaoru/baseball, ce serait le combo idéal ! : )

2 réponses à “Major, après 5 saisons, 129 épisodes et 52 heures

  1. waa j’ai vraiment regardé 52heures ?? ça fait quand meme beaucoup… mais personnellement j’ai trouvé ça génial ! depuis longtemps je suis fan de ce baseball fabuleux qui est tellement peu répandu en france… ça m’a fait plaisir de le regarder tout du long, même si je l’avoue j’ai un peu décroché au début de la saison 6, il faut dire que la cumulation de la défaite de shigeno a la coupe du monde et le yips n’ont pas aidé… j’avoue que le film non plus n’était absolument pas mirobolant (les graphismes différents de d’habitude m’ont un peu dérangée) mais sinon, rien à redire, LE manga culte de baseball. Seule véritable déception: qu’on ne voit que des extraits du match épique des world series a la fin du dernier episode de la serie… j’aurais tellement aimé le voir en entier ! le OAV n’est pas trop mal non plus. L’esprit très macho, maso et insupportable de goro énerve parfois, mais il est impossible que son esprit de ne jamais abandonner ne se transmette pas un minimum au téléspectateur. Somme toute, super anime.

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