Dernières lectures : One-shots & anthologies

Il est temps pour moi de parler un peu de mes dernières lectures qui se concentrent pour la plupart autour de quelques one-shots et de deux anthologies que je voulais posséder depuis un moment.  Autant de bonnes découvertes pour quelques déceptions. Nous avons donc au programme :

  • Le dernier été de mon enfance – Shin Takahashi
  • Anthologie : Area (de la fin du tome 4 de Heads) – Keigo Higashino
  • Dômu, rêve d’enfant – Katsuhiro Otomo
  • Undercurrent – Tetsuya Toyoda
  • Anthologie : Shiba Inu – Masumuri Morita

Le dernier été de mon enfance – Shin Takahashi

Shin Takahashi (高橋しん) n’est plus vraiment à présenté, maintenant très connu pour son manga Saikano ou L’arme Ultime adapté depuis par Gonzo de manière tout aussi réussi, il est l’un des grands auteurs représentant le shojo mature. Cependant l’auteur n’a pas eu l’occasion de briller de son talent en France dans nos librairie. Suite à son manga phare, on a eu Fragments, un shonen étrange par sa trame et qui ne casse pas des briques pour ne pas dire qu’il a fait un floppe, mais aussi le tome bonus de Saikano qui ne fait pas non plus fureur avec une sorte d’anthologie de plusieurs chapitres, la moitié étant assez à coté de son thème d’origine. Un sacré coup pour les quelques fan de l’auteur comme moi qui achètent presque ces tomes uniquement pour retrouver le trait unique de l’auteur.

Le dernier été de mon enfance ou Tom Sawyer est un one-shot réalisé par l’auteur mais pas que, en effet c’est surtout un travail collaboratif avec tous les associés de l’auteur, le tout regroupé sous le nom du mangaka. Cette version moderne du roman des aventures de Tom Sawyer de Mark Twain (que je n’ai pas lu) nous amène à suivre Haru, une jeune femme revenant de Tokyo pour aller à l’enterrement de sa mère. Perdue dans ce village qu’elle n’aime pas, elle fera connaissance de Taro, un jeune garçon dynamique avec lequel elle passera un été pas comme les autres et revivant ainsi une part de son enfance.

Du coté du coup de crayon, on retrouve parfaitement le style graphique de l’auteur, peut-être de manière un peu plus brouillon que Saikano comme il l’avait fait pour Fragments. Mais cette manière permet toujours autant de faire ressortir les sentiments et de varier aussi facilement entre les différentes ambiances, un trait inimitable. L’aventure est plutôt prenante et on se laisse bien entrer dans cet univers même s’il paraît plutôt improbable aux premiers abords, l’humour et les références à divers mangas sont omniprésents tout au long du tome et rajoutent pas mal de plaisir à celui-ci sans pour autant faire tâche dans le thème sentimental de l’œuvre. Malgré le fait que ce one-shot est tout de même en dessous de Saikano, il redonne tout de même de l’intérêt aux travaux de Shin sur notre contré et propose ainsi de retrouver de manière agréable le trait et l’ambiance de l’auteur en un seul tome,  mais malheureusement trop cher à mon avis pour les lecteurs lambdas.

Area – Motorou Mase

Rien de bien important pour cette partie mais je voulais mettre en avant ce bonus du tome 4 de Heads dont je ne parlerais pas maintenant. Area est une aventure courte d’une 30ène de planches parlant d’un éboueur téléporté sur un vaisseau alien, il a alors le choix entre vivre sa vie paisiblement sur le vaisseau sous risque d’un jour être utilisé pour une expérience ou revenir sur terre. Une petit leçon de vie insérée dans de beaux dessins du mangaka, nous montrant un peu plus le talent de Motorou Mase (間瀬元朗) auquel nous devons actuellement Ikigami.

Domû, rêve d’enfants – Katsuhiro Otomo

J’en avais parlé dans mon article sur Akira, Domû est l’une des œuvres réalisée par Otomo (大友克洋) avant la publication de son célèbre manga et l’ayant inspiré avec Fireball pour la conception de celui-ci, notamment pour le sujet de la télékinésie. On suit ainsi l’enquête de police de plusieurs suicides dans un complexe résidentiel dans lequels plusieurs phénomènes étranges ont lieu et laissant les enquêteurs sur la touche.

On retrouve ici le trait du mangaka, peut-être un peu moins fourni de ce qui est présenté dans Akira mais qui reste agréable et sans superflus. L’intrigue est développée de manière correcte mais sans plus, le seul vrai problème de l’œuvre vient d’ailleurs de là selon moi, je pense qu’il aurait été plus intéressant de développer le tout à partir du point de vue de l’inspecteur et non pas à partir d’un point de vue omniprésent. Le sujet de la télékinésie est ici abordé de manière bien moins complète que dans Akira et faisant plutôt office du pourquoi du comment, ce qui m’a laissé légèrement un goût amer quand on est habitué à un univers un peu plus complexe que ça de la part de Otomo, même si j’ai bien conscience qu’il s’agit là d’un one-shot. On sent aussi que l’auteur est un peu moins à l’aise dans un background non futuriste et se concentre uniquement sur le complexe résidentiel. Je regrette aussi une fin un peu trop rapide et laissant un peu sur sa faim. Mais la manga reste tout de même bon dans son genre, il n’est cependant pas du même niveau qu’Akira et laissera un arrière goût à toutes les personnes qui comme moi s’attendaient à un manga de la même trempe d’Akira.

Undercurrent – Tetsuya Toyoda

Undercurrent est un de ces mangas qui sortent  du lot slice of life pour nous plonger dans un contexte réaliste et plus percutant. Kanae est une jeune femme s’occupant d’un bain public, abandonnée de manière incompréhensible par son mari partit en voyage, elle va tenter de comprendre pourquoi celui-ci est partit sans nouvelles. En parallèle elle continue tant bien que mal de s’occuper de l’entreprise avec l’aide d’un nouveau personnage venant du syndicat des bains, un homme silencieux et mystérieux.

Tetsuya Toyoda (豊田徹也) est un mangaka à la carrière plutôt originale, après avoir loupé un concours pour le mangazine Afternoon en 87 il ira travailler dans une grande société. Ce n’est qu’en 2003 qu’il obtient le prix Afternoon pour son récit Goggle, Undercurrent sera publié par la suite dans le magazine en 2004, suivront alors du même auteur Slider (2007) et Kôhi Jikan toujours en publication depuis 2008. [Source : Préface] Pour l’instant une seule de ses œuvres est éditée en France.

Undercurrent est pour moi un très bon manga, à la fois tranquille tout en ayant un scénario prenant il nous fait suivre les aventures d’une jeune femme de manière réaliste et sans superflus. Dans cet univers bien cadré par le mangaka, on suit surtout de près le contexte psychologique de Kanae et ses questions entourant son mari disparu, de son enfance et de sa situation. Sans se perdre, la psychologie du personnage est bien développée sans vraiment entrer dans les détails, laissant une part de doute aux lecteurs qui entre ainsi mieux dans le personnage. En parallèle on suit les aventures des bains publics et les mœurs des habitants, deux contextes qui se mélangent très bien ensemble et varie ainsi de manière agréable la lecture. Sans être sombre, undercurrent est réaliste et pose ainsi un tableau intéressant d’une tranche de vie comme on en voit peu. Les personnages secondaires sont eux aussi intéressants, particulièrement le nouveau syndicaliste aidant Kanae qui est bien peaufiné ainsi que le détectives qui apporte un peu d’humour dans ce tableau. Comme d’autres, j’ai aussi un peu regretté le final un peu rapide avec un dénouement correct mais qui laisse un peu sur sa faim. J’espère que l’on aura le droit de la part de Kana ou autres un nouveau manga de cet auteur qui nous livre là un très beau récit sérieux. Vous pouvez voir ici quelques extraits du manga.

Shiba Inu – Masanori Morita

Masanori Morita (森田まさのり) est connu en France pour son manga Rookies édité chez Tonkam, narrant l’histoire d’un professeur qui va remettre dans le droit chemin un club de base-ball composé de rebelles (voir plus ici), mais aussi pour Racailles Blues prenant aussi le thème de la rebelle attitude. Shiba Inu est une anthologie de la part de Morita composé de 6 récits courts dont principalement celui de Shiba Inu, une histoire de manzaïs. Mise à part ce récit et l’avant dernier intitulé Le désert, il n’y a malheureusement pas grand chose à retenir de cette anthologie si vous n’êtes pas fan du mangaka.

Shiba Inu raconte l’histoire d’un duo manzaï à Tokyo qui rencontre du succès, seulement l’un des deux partenaires met fin au groupe de manière brutale. S’en suit alors une vérité qui cache une part bien plus importante qu’il n’en est en réalité. Cette histoire courte est pas mal, déjà son thème original donne de l’intérêt même si l’humour du duo passe mal de l’autre coté pour laisser place à un récit plus dramatique. Trop court le tout manque de profondeur surtout au niveau des personnages, mais l’essentiel du récit passe tout de même bien et ne se finit pas trop mal. Pour l’autre chapitre, Le désert raconte l’évolution d’un arbitre de boxe après un drame où un des sportifs est mort. Plutôt bien développé, le personnage principal possède un certain charisme et aurait mérité d’être plus développé. Un petit récit intéressant pour tous ceux qui s’intéressent aux mangas focalisés sur la psychologie d’un personnage. Encore un manga qui aurait mérité d’avoir une suite en bonne et due forme

Je ne conseille pas cette anthologie aux lecteurs ne connaissant pas l’auteur, elle n’apporte rien de très original et mise à part ces deux récits, les 3 autres n’ont rien d’intéressants. Pour les autres, l’édition de Tonkam est très agréable et le papier est de qualité, ce qui donne peut être une raison au prix peut être un peu trop élevé.

Voilà, de ces achats j’aurais surtout retenu undercurrent et Le dernier été de mon enfance qui méritent largement que vous y jetiez un coup d’œil si ça n’a pas déjà été fait. Avec tous ces achats, je crois que je suis sur la paille pour le mois donc on verra par la suite, mais il me reste encore le tome 2 de la cité Saturne à lire donc j’ai encore de quoi me faire plaisir un petit moment. : )

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