Akira, un avis 20 ans plus tard

Noël est vicieux, même s’il permet de vous faire plaisir pendant un moment en vous offrant une série, il ne permet pas non plus à vous faire arrêter de pleurer devant des ouvrages que vous ne pourrez tout de même pas payer et pourtant si alléchants (maudits soient certains billets). Mais bon, comme il ne faut pas cracher dans la soupe, je vais dire que noël m’a permis de revenir sur un culte que j’ai depuis longtemps envie de découvrir.  En effet, il était temps pour moi de voir les classiques, de connaître plus en profondeur ces œuvres qui ont changé une partie du monde du manga au lieu de me rabattre constamment sur les nouvelles séries, en me disant que je verrai ça plus tard. Non car lire un classique a bon nombre d’avantages, tout d’abord car on est presque sûr de la qualité de celui-ci, ensuite car ça permet de comprendre les références et les sources d’inspiration de plusieurs animes contemporains.

J’ai hésité pendant un moment à écrire un article sur Akira, tout d’abord car il faut avouer que s’attaquer à une œuvre comme ça n’a rien de facile. Puis aussi car c’est aussi le dilemme de tout jeune amateur de manga et d’anime qui parle d’une série culte, celui de ne pas se viander face à ces fans de manga de la 1ère heure qui guètent chaque morceau de phrase pour vous remballer et vous dire que vous n’avez aucune critique à formuler sur une œuvre que vous n’avez de toute manière pas compris et qui n’est pas de votre génération. Mais bon, c’est bien car il y a cette différence de génération que je me suis décidé à parler d’Akira, les sensations ne doivent sûrement pas être les même pour celui qui a découvert les premiers livrets en kiosque en 90 et moi qui vient de lire celui-ci et c’est cette différence qui est intéressante aujourd’hui. Cet article permettra aussi à ceux qui ne connaissent pas Akira d’en savoir plus sur ce monument. Je ne vais pas pour autant revenir sur l’histoire d’Akira, il y a un résumé correct disponible sur wikipedia.

L’arrivée de Akira

Avant tout il est intéressant de parler un peu de son auteur maintenant ultra connu, Katsuhiro Otomo (大友克洋), même si de nombreux documents fournis existent déjà sur la toile ainsi qu’un site plutôt complet. Ce point n’a pas pour but de retracer la vie de l’auteur mais plutôt de voir la partie qui se axe sur la formation d’Akira.

C’est dans les années 70 que Katsuhiro Otomo commence sa carrière de mangaka, durant cette période il s’essaie à différents genres, allant de parodies de contes occidentaux au seinen violent (que l’on retrouve d’ailleurs en partie dans ces prochaines œuvres), en passant par un série de samouraï (Chuck Check Chicken) ou à une autre série sur le sport (Ame Lingo). Des histoires le plus souvent de moins de 30 pages et qui lui serviront à expérimenter les différents styles et à trouver en partie le trait qu’il aura plus tard. En 1977 sort le premier épisode de Star wars, Otome étant aussi un grand amateur de cinéma, se laisse emporter par la vague et s’inspire de cette oeuvre pour imaginer une nouvelle histoire comportant le thème de psychokinésie. Il force alors non sans difficultés à convaincre le magazine dans lequel il travaillait, Action Deluxe, à accepter de publier une œuvre de science fiction alors que les thèmes à succès étaient à ce moment des histoires sentimentales (avec notamment Dösei jidai) ou dramatiques (Jukyoden).

C’est ainsi qu’en 79 que Otomo réalise Fire ball (proposé dans Katsuhiro Otomo Anthology) et propose ainsi un véritable scénario de science fiction qui aura immédiatement du succès et recevra même le premier prix sf en manga, malgré les controverses. Seulement Otomo n’a jamais réussi à terminer à temps Fire Ball alors qu’il avait une bonne idée de ce que devait être la fin de cette œuvre. Déçu d’avoir une œuvre inachevée et en même temps la volonté de ne plus la modifier sous peine de devoir aussi modifier l’ensemble du récit, il se lance plutôt dans le désir de créer une autre fiction dans la même veine qui sera alors Akira. Pendant ce temps et toujours à partir de Fire Ball, Otomo décida de réaliser un court manga d’épouvante nommé Dômu (proposé aux éditions Humanoïdes associés), qui sera aussi une source d’inspiration pour Akira, notamment concernant le thème de l’adolescence. Ces deux œuvres seront la base de ce qu’est Akira, mais il faut aussi savoir que durant cette période le mangaka est toujours à la recherche de style s’essayant même au shojo, même si le thème de science fiction fait un grand bon au niveau cinématographique à l’époque, il n’a pas percé dans le manga et Otomo lui même ne pensait pas que celui-ci allait vraiment prendre tant d’ampleur.

C’est en 1982 qu’Otomo se lance donc dans Akira à travers une publication chez Young Magazin et publia ainsi son premier chapitre en décembre 82, lançant la machine qui se finira à la moitié de l’année 1990. Le succès devient de plus en plus important et l’œuvre se diffusera ensuite dans le monde entier. Si Otomo s’est permis de prendre son temps pour réaliser son œuvre, il a aussi eu beaucoup d’autres travail durant le cours de publication d’Akira, notamment pour des publicités de voiture en tant qu’animateur ou designer. Akira devient alors un manga phare et propulse le thème de la science fiction dans la scène manga, avec aussi la saga Mobile Suit Gundam commencée en 79, mais qui n’aura pas de succès lors de sa première diffusion. La publication d’Akira aura une pause d’environ un an et demi à partir de 86, correspondant à la réalisation du film. Le manga n’est alors pas terminé et reprendra son cours après pour les derniers chapitres. On peut aussi noter plusieurs variantes entre le contenu lors de la publication chez Young Magazine et le manga final, où de nombreuses planches ont été rajoutées et revisitées.

Les premiers chapitres d’Akira furent disponibles chez nous par des fascicules vendus en kiosque dans les années 90 jusqu’en 92 (soit 8 ans après le début de la publication japonaise) sous forme de 31 volumes en couleurs et qui sont maintenant je crois des pièces de collection. Actuellement dans le commerce commun, on retrouve le manga Akira sous 3 formes :

  • Une version cartonnée style bd en couleurs de 14 volumes qui a débuté dans les années 90 aux éditions Glénat et que l’on retrouve encore aujourd’hui mais relativement chère. Le volume 14 intitulée Consécration est en fait un artbook de la série.
  • Une version Noir & Blanc que je recommande fortement aux éditions Glénat et au format 200×300. Sous forme de 6 volumes d’environ 13 euros chacun, c’est la solution la plus intéressante (et pas forcément très cher car 13 euros pour un tome de 400 pages avec ce format). Seule chose que je regrette sur ce tome, c’est le sens de lecture occidentale qui n’a peut être pas sa place. Par contre, contrairement à la version US la version N&B possède le contexte original avec notamment le date de 1982 au lieu de 92 (qui correspond en réalité à la date où Otomo a réalisé la 1ère planche !).
  • Et finalement une version style de poche de Kana, en couleur. Cette version de 5 volumes est l’anime comics du film, c’est-à-dire un manga à partir d’images du film. Je ne la conseille pas pour découvrir l’œuvre car elle ne reprend bien sûr que partiellement l’œuvre originale d’Otomo, mais aussi car il semble (pour ne pas l’avoir lu) qu’elle ne casse pas des briques. Il vaut mieux alors plutôt regarder le film si ce n’est pas déjà fait.

Akira – Observations et réflexions (attention spoil)

Comme tout les très bon mangas, Akira ne se démarque pas à partir d’un seul point mais plutôt par la réussite et la bonne mise en situation d’un ensemble de chose qui font que la lecture est à tout moment agréable et intéressante. Tout d’abord Akira est beau et révèle un réel talent de Otomo sur ce point de vue. Le trait fin du mangaka permet de donner des détails qui rendent le travail sublime, notamment concernant l’équipement où l’on observe un réel travail bien pensé afin de réaliser des objets à la fois futuristes mais qui paraissent très réalistes. Un travail qu’on retrouve sur les décors et les véhicules qui sont de toute beauté, en  regardant un dessin d’un hélicoptère dans Akira, on a clairement l’impression qu’il y a le même travail de précision que si ça avait été une illustration, pas uniquement dans la conception de la machine mais aussi avec une multitude de détails qui rendent l’œuvre réaliste au possible, par exemple grâce à des traces de salissures sur la coque. Les variations de teintes sont elles aussi très soignées et agrémentent énormément le rendu. Cet ensemble fait que je ne regrette absolument pas la version noir & blanc à la version couleur, même si je n’ai que feuilletée celle-ci. Un travail remarquable aussi quant à la réalisation des personnages, après 20 ans le rendu n’a que très peu vieilli de ce que l’on retrouve aujourd’hui mise à part peut être des visages plus rond pour les enfants et encore, ce n’est pas si sûr. Toujours dans un soucis de réalisme, les postures des personnages sont réalisées avec un grand soin et rendent l’œuvre plus vivante. Un ensemble de chose qui font déjà de Akira un manga artistique avec un énorme travail derrière comme on en trouve que rarement.

Toujours dans la catégorie du visuel on observe un vrai travail de designer dans la création de véhicules, un travail que l’on retrouve d’ailleurs dans d’autres de ses œuvres comme Farewell to weapon publiée en 1981 dans Young Magazine (à voir dans Otomo Anthology). Qui n’a pas rêvé en regardant la moto de Kaneda de ne pas la posséder ? En installant un design innovant et à la fois réaliste dans la conception des machines, Otomo pose un travail qui sera la base de nombreuses sources d’inspiration, comme par exemple pour le travail de Ghost in the Shell. Le découpage est aussi très intéressant, parfois on peut même se dire qu’Otomo s’est servi d’Akira pour expérimenter certains points dans la structure de la page, comme on peut le voir sur la critique de krinein. On observe d’ailleurs l’un des points essentiels du caractère de Otomo, celui de se servir de ses multiples expériences au cours de sa carrière pour en sortir à chaque fois le meilleur. Qui a dit que le talent était totalement inné ?

Le second point très important dans ce manga est le charisme incroyable des personnages, aussi secondaires soient-ils. Kanéda combine un ensemble de bon éléments qui le rendent totalement unique et on s’en rend vraiment compte après la lecture du dernier tome, on a presque l’impression que cette personne a vraiment existé. Si ce personnage est selon moi l’un des plus réussi qui a été réalisé par son humour et sa mentalité, les autres ne sont pas du tout laissés au dépourvu. Chaque personnage a un rôle et une personnalité creusée, un rôle auquel on accorde tout le temps un poids concret dans l’évolution du manga. Parmi les personnages secondaires, c’est bel et bien le bras droit de Tetsuo qui m’a le plus marqué, de son style vestimentaire à son caractère, tout lui est personnel et rien n’est superficiel. Pour tout dire, on s’attache plus facilement aux personnages secondaires qu’aux personnages principaux dans certains mangas contemporains, pour dire. A l’heure actuelle, on est déjà content quand un personnage est charismatique dans un anime, c’est aussi là qu’on se rend compte d’une partie de la force que possède cet ouvrage. Otomo aurait pu se perdre dans la formation superflue de personnages aux pouvoirs surnaturels mais il n’en ait rien, on ne retrouve qu’ainsi qu’une faible dose de ce genre de personnage laissant place ainsi à une sorte de mystère quant à la diversité de ces pouvoirs.

Ceci nous amène à aussi parler de la profondeur du background d’Akira. La reconstruction du néo Tokyo étant l’une des thématiques principales du manga, celui ne pouvait être laissé d’une quelconque manière au hasard et on le sens. Pourtant j’ai eu la sensation qu’il a partiellement été mis de coté lors du premier arc de la série, c’est-à-dire avant la fin du 3ème tome. Largement rattrapé lors du second arc, Otomo propose ainsi un fond de toile fouillé et travaillé, résultant d’une idée concrète sur ce que pourrez être un monde après une destruction massive, engendrée par une guerre nucléaire par exemple, ce qui est d’ailleurs l’une des thématiques essentielles dans Akira. La fin d’une quelconque organisation d’un gouvernement, l’anarchie et la formation spontanée de nouveaux groupes aux idéaux différents ainsi que la lutte entre eux, un désordre social total et la monté en puissance de personnages reniés par l’ancienne société, mais aussi la disparition de la monnaie laissant place au troc et la place aux plus fort, tous ces éléments donnent au background une puissance considérable. Le travail de design joue aussi énormément dans le background et confère à son ambiance futuriste un poids non négligeable.

Constamment sous tension, les personnages font avancer le récit de manière à ce que l’on ne soit jamais ennuyé. Chaque tome apporte une importante dose de nouveautés intéressantes qui s’entremêlent et forment ainsi un mélange génial. Car avant d’être une œuvre philosophique, Akira est surtout un manga d’action autour d’un héros hyperactif et parfois presque immortel. Une caractéristique qui a d’ailleurs sûrement était la cause principal de l’engouement autour de ce chef d’œuvre, qui amène presque à se dire que l’ensemble des thématiques entourant Akira ne sont en fait qu’un plus. Le monde en perpétuel changement dans le nouveau néo Tokyo laisse place à un désordre très propice aux scènes de combat dans un environnement chaotique, alors que le poids et le mystère des pouvoirs donnent une certaine tension aux personnages et aux lecteurs. Une parfaite combinaison pour un manga de ce style, de plus largement agrémenté par le contexte futuriste qui propose une flopée d’armes et véhicules en tout genre.

On finit ainsi dans le fond de l’œuvre, les thématiques abordées et le point de vue d’Otomo. Mais avant ça il faut aussi montrer que l’œuvre fait preuve d’une certaine violence très réaliste, l’auteur ne lésine pas sur le sang sans pour autant en faire trop. Alors que la tendance actuelle est de faire dans l’exagération et proposer ainsi une marre de sang assez irréaliste dans certains animes ou alors un corps mutilé sans une goutte de sang (pour ne pas salir les vêtements de l’héroïne qui va pleurer sur son corps, hein ?). Mais aussi une « violence » de type psychologique, il suffit de voir l’importance accordée aux morts par les personnages, à contrario avec l’importance accordée à la vie, ce qui donne envie de rire quand on fait le comparatif avec certains mangas où sur une masse de cadavres quelconques, le héros meurt et lance ainsi un drame larmoyant après avoir tué 100 autres types auparavant.

Les thématiques entourant ce manga sont nombreuses et ont déjà fait l’objet de nombreux débats. La première critique est évidemment celle avancée contre l’armement nucléaire et la constante recherche des pays à vouloir posséder plus de puissance, une puissance au début qu’ils ne mesurent pas pour au final en perdre totalement le contrôle. Une puissance acquise d’ailleurs à partir d’une connaissance partielle des données et de l’ensemble qu’elles forment. Si la fin du 3ème tome avec la réactivation d’Akira amène à penser que les hommes sont condamnés à réaliser à plusieurs reprises les mêmes erreurs sans s’arrêter, la fin du manga laisse un message d’espoir important sur le sujet, laissant penser que l’humanité à force d’exemples et de persévérance peut évoluer.

L’autre thème essentiel dont j’ai déjà parlé est le comparatif à la reconstruction d’après Hiroshima à partir de néo Tokyo. Le désordre total et le retour au rang et au valeurs naturels pendant un moment, qui nous rappèlent en partie à quel point nous sommes actuellement enfermés dans une société dénaturant une face de l’homme. Un point qui m’a amené à en savoir plus sur la reconstruction d’Hiroshima après la seconde G mondiale, déjà abordée dans Gen d’Hiroshima (Hadashi no Gen) ainsi que brièvement dans Millenium Actress de Satsochi Kon (今敏) d’après mes souvenirs.

Depuis la sortie d’Akira, plusieurs séries cyberpunk ont vu le jour. Ont-elles le même niveau que ce phénomène ? Mais sont-elles au moins dans le même ton ? Il est vrai qu’il y a peu de comparaison possible entre Blame! de Nihei (弐瓶勉) et Akira si ce n’est le thème futuriste. Pourtant les œuvres de Nihei sont elles aussi très intéressantes mais d’un autre point de vue. On pourrait aussi parler de séries ou de films d’animations comme Wonderful Days, Technolyze ou Appleseed. Si ces œuvres se font concurrence et ont chacune leurs points forts, on ne sent aucune d’elles être du niveau de récit d’Otomo. En effet, outre le temps qu’il s’est passé entre elles et Akira, force est de constater que ce monument ne s’effritent pas malgré le temps et n’est pas simplement connu pour avoir introduit le thème de la science fiction dans le monde du manga. Akira est une œuvre à part entière mélangeant tant de bon points à tous les niveaux, que ça tend à entrer dans les œuvres qui semblent s’approcher de la perfection. Cette œuvre proposée par ce que l’on pourrait appeler un génie du manga a maintenant encore largement sa place et devrait être constamment en mémoire en nous, nous rappelant au passage de quoi un manga est capable au milieu de cette marre de séries, la plupart le plus souvent à moitié superficielle.

Inutile donc de me demander si Akira se doit d’être dans votre bibliothèque, il vaut mieux mettre 70 euros dans ces bouquins plutôt que dans une série de 10 tomes à l’intérêt parfois douteux. Si Otomo Anthology apporte un bon plus pour entrer dans l’univers d’Akira, le livre possède bon nombre d’œuvres annexes, notamment les parodies de contes occidentaux sous une édition très correcte. J’ai commandé Domu depuis internet, je vais sûrement le recevoir d’ici moins d’une semaine et ainsi enfin pouvoir découvrir cet opus. Je ne suis pas très au courant quant à la réalisation des films lives par Warner Bross qui résumeraient l’œuvre complète en deux films, même si le tout est supervisé par Katsuhiro Otomo j’ai un terrible mauvais pressentiment, le massacre du dernier Dragon Ball Z n’aide pas. Prochain sur la liste : Le manga Nausicaa !

3 réponses à “Akira, un avis 20 ans plus tard

  1. Pingback: Dernières lectures : One-shots & anthologies « Jevanni's blog

  2. Pour ceux qui ont connu ca, c’est sur qu’ il est plus facile de comprendre qu’il y a un Avant et un Apres Akira.
    Le film et la BD sont complementaires et ont marque une generation.
    Perso, apres tout ce temps, toujours le meme plaisir et le meme attachement aux personnages (Tetsuo puissance 10) et la moto de Kaneda trone encore fierement a cote de mon PC.

    Serais-je depuis 10 ans au Japon s’il n’y avait pas eu Akira ?

  3. Pingback: Parallel works 1 et 2 : Le TTGL qui n’en est pas un ? « Jevanni's blog

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