Bokurano : Du potentiel gaché ?

4000 hits ! Yes ! Je tiens à remercier par ce chiffre toutes les personnes qui sont passées par ici, ceux qui ont commenté et qui m’ont permis d’avancer dans ce blog. J’espère que cette aventure continuera encore un moment. Pour l’occasion j’ai réalisé un article un peu plus long que d’ordinaire. Bonne lecture!

Si je me suis tout de suite décidé à écrire un article sur Bokurano, c’est bien car c’est un anime qui m’a marqué, un animé qui m’a laissé réfléchir dans le bus pendant une bonne heure sans trouver de réponses valables, un anime qui par son potentiel aurait pu faire un truc tout simplement énorme. Bokurano est l’anime que j’ai du garder pendant une bonne année sur mon pc sans pour autant avoir eu envie de le regarder pendant tout ce temps, pourtant une fois lancé je crois que j’ai enchaîne à un rythme d’environ 5 épisodes par jour, un chiffre plutôt impressionnant comparé à mon habitude et je ne pense pas que ce soit pour rien.

Avant d’être un animé, Bokurano est un manga de Mohiro Kitoh (鬼頭莫宏) qui est aussi l’auteur de Narataru, un anime que je n’ai pas encore eu l’occasion de voir alors qu’il me branche depuis un moment. A noté que celui-ci est aussi l’un des work designer du film Evangelion : 2.0 You can [not] advance.  La série a été ensuite animée par le studio Gonzo et dirigée par Hiroyuki Morita (森田宏幸) sous un format de 24 épisodes annoncé pour le printemps 2007, manque de bol, cette saison était assez chargée en poids lourds, en ne citant que Lucky*Star, Darker than Black, Claymore, Seto no Hanayome et surtout Guren Lagann. Dur de se faire une place au milieu de tout ça, et si la série a réussi à séduire au début de la production, il a suffit qu’elle s’essouffle un peu pour que pas mal de monde la boude.

Attention, à partir de maintenant ça va spoiler sévère donc pour tout ceux qui ne supportent pas qu’on leur raconte une bonne partie d’un anime, merci d’avoir lu le début, vous pouvez fermer cet onglet, les autres qui n’auraient pas non plus vu cette série, je dirais que ce spoil ne vous gâchera pas tant cette série surtout que je ne parlerai pas énormément de la fin de celle-ci. Bokurano est ce qu’on pourrait appeler un anime concept et nous rappelle que comme pour tout style d’art, l’animation japonaise ne s’arrête pas seulement au divertissement mais peut très bien être un moyen d’avancer des sujets de réflexion sérieux en tant que thème principal. Avant tout, faisons un résumé de la série.

La série nous plonge dans le destin de 15 enfants totalement différents qui, sans le savoir, réalisent un pact qui scellera avec eux le destin de leur monde. Ils doivent détruire 15 robots comme le leurs, sinon leur espace temps sera détruit, de plus lorsqu’ils remportent une manche, ils meurent quelques instants plus tard car leur force vitale à été subtilisée par le robot qu’ils pilotent. Ayant chacun leur vie et leur conscience de leur coté, ils vont devoir chacun aborder leur match de manière personnelle et décider ainsi de leur sort mais aussi du sort du reste de l’humanité.

Vous l’aurez remarqué si vous n’avez pas vu l’anime, cette série n’est clairement pas une série très joyeuse. On pourrait parfois lui accorder l’adjectif de « malsaine » mais au final, tout le monde sait que le monde n’est pas rose kawaï et que tout n’est pas propre comme on aimerait nous le dire, Bokurano met uniquement une de ces situations en évidence. L’anime se décompose en vraiment beaucoup de chose. Déjà il se divise en deux parties : La vie de chacun des enfants et le « jeu » tel quel. Il se divise aussi en plusieurs arcs d’environ un épisode chacun traitant chaque fois d’un enfant en particulier et de sa situation. Puis il se divise aussi en fonction des informations données, au début sur la réflexion quant au rôle que devrait jouer les pilotes, puis la présence des mondes parallèles pour aller enfin vers la fin de l’anime. Autant de points différents à aborder non pas chacun sans complexités et auxquels l’anime aurait dû vraiment faire attention pour donner une série vraiment impressionnante.

Avant de commencer à parler du fond de l’anime, je vais parler un peu de la « couverture » qui pourrait se tenir par : Bokurano, ce n’est pas beau sans pour autant être moche. Bokurano ça se laisse regarder sans que ça pique les yeux. Bokurano, ce sont des robots plus ou moins originaux qui ne sont pas moches mais qui ne ne sont pas géniaux non plus. Voilà, je crois que j’ai résumé en gros l’aspect visuel de la chose. Une chose qui je pense ne prend pas tellement d’importance, en tout cas moins que pour une série d’action par exemple. C’est sûr que l’on n’aurait pas refusé que ce soit plus jolie mais soyons honnête, ce n’est pas ici le but de la série que de nous en mettre plein les yeux. Les combats de robots sont plutôt lents mais donne une touche de réalisme, c’est vrai qu’on se demande parfois comment des robots géants arrivent à réaliser des triples saltos arrière.

Coté son, alors là j’ai assez accroché. La bande son colle assez bien à l’animé, l’opening est vraiment sympa, j’ai un peu moins apprécié le second ending mais il reste tout de même bon. La gestion de la bande son est assez bien faite et permet parfois d’instaurer l’ambiance voulue, ce qui était essentielle pour cette série.

Il est maintenant temps que je parle du fond de l’anime. Car oui comme il n’est pas difficile de le remarquer, c’est le fond de l’anime qui est vraiment intéressant, alors lorsque je vois que l’on descend cette série sans prendre en compte cette dimension, y’a de quoi se poser des questions sur le potentiel de réflexion de celui qui a écrit l’article, qui doit sûrement être proche du 0. Bien évidement je ne dis pas que Bokurano est une haute œuvre philosophique, non, mais elle a au moins le mérite de lancer des idées intéressantes.

Tout d’abord parlons de la partie de l’étude des différents personnages. Presque tous les enfants (mise à part le 1er) possèdent une sorte de flash back se déroulant pendant environ un épisode, parfois deux et qui se veut original, un peu à la manière de 13 vies pour raconter une caractéristique de leur vie. On assiste ainsi à tous les cas de figures, le plus souvent du déjà vu dans d’autres animes. Et c’est le début des problèmes pour la série, le plus souvent on a un problème de fond traité de manière quelque peu superficiel, une 15ène de minute ne suffisant évidemment pas à être très précis. Un problème d’autant plus grand que celui-ci est censé être l’une des thématiques centrales de l’anime. Et même si la dimension qu’apporte le robot, c’est-à-dire déjà la nécessité des pilotes à prendre une décision face à la mort et la possibilité de parfois utiliser celui-ci, ce n’est pas assez complet et on arrive rarement à s’attacher à un personnage, surtout que certains sont parfois à claquer.

Le second point problématique touche à la psychologie des personnages face à cette fatalité. C’est vrai qu’il paraît évident que Mohiro n’allait pas forcer ses personnages à ne pas décider de combattre, sous peine d’arrêter la série (si la terre explose), mais tout de même j’ai trouvé un peu facile la décision de ces enfants d’accepter leur mort. Il y a un réel manque de réalisme, j’aurais plus apprécié qu’ils pètent un bon câble à la fin du combat, mais non, ils attendent tous sereinement et sur le coup, on est vraiment pas convaincu.

Le dernier mauvais point de la série est le manque de cohérence dans le scénario. J’ai toujours eu des mauvais présentiments quand un anime débarque dans une histoire de monde parallèle, tout simplement car généralement ça s’enfouit dans une grosse daube où l’auteur nous sort une pseudo argumentation peu convaincante à la fin, histoire de dire qu’il s’en sort de justesse. Bokurano n’y échappe pas, il paraît logique que le nombre de monde parallèle est presque infini, alors du coup la logique ne suit pas. Sur un autre point, on observe aussi énormément de points morts auxquels on ne revient pas, le plus gros est sûrement ce qui se cache derrière les auteurs de ce jeu.  Qui sont-ils ? Pourquoi agissent-ils de la sorte ? Mais pas seulement, on peut aussi se demander pourquoi Koyobushi (le personnage dirigeant le robot) choisit uniquement des enfants comme pilotes. Autant d’incohérences qui rendent le scénario bancale.

Bien sûr, ce n’est pas dans ses mauvais points que la série m’a intéressé mais plutôt dans les réflexions qu’elle propose. Je me suis posé deux grosses questions en regardant cet anime, la première étant : Face à cette fatalité, quel aurait été mon comportement ? L’aurais-je accepté ? Aurais-je agis pour la communauté ? La seconde étant liée à l’idée de mondes parallèles, peut-on déterminer si notre monde est meilleurs qu’un autre ? Notre monde mériterait-il d’être anéantis au profit d’un autre ? Bien évidemment les questions ne s’arrêtent pas là et l’anime les introduit de manière assez agréable, poussant le spectateur à réfléchir à la place des enfants. Ces questions sont clairement développées de manière très partielle dans l’animé et amène peut être vers une conclusion plus japonaise où la communauté a une valeur bien plus importante qu’un individu. On observe aussi une critique des autorités, qui alors même qu’elles sont complètement dépassése, pensent pouvoir contrôler ce pouvoir, une petite critique qui au final n’est pas trop mal une fois qu’on y repense. Sans vouloir jouer mon écologiste, il est temps de vraiment prendre conscience que les humains ne sont pas les rois du monde, et qu’un jour à force de jouer avec le feu et de fermer les yeux, on va s’en prendre plein la tête.

Vous allez me dire que ce paragraphe est le seul un peu élogieux de la série comparé aux autres, mais personnellement je ne vois pas beaucoup de série qui peut se venter d’amener ces questions comme thème principal. Il est aussi nécessaire d’atténuer les critiques des différents points, le véritable problème de Bokurano est sûrement le fait qu’il n’a pas réussi à tout condenser de manière convenable, à vouloir en faire trop on commence à bâcler, cependant on ne peut pas dire non plus que c’est un désastre, ce qui rend la série comme étant une série ayant un énorme potentiel, certes gâché mais pas totalement et s’en sort au final plutôt bien de mon coté. Le manga est en cours d’édition chez Asuka, il se peut que la version papier soit plus complète et donc nettement plus intéressante, si je mets la main dessus et que c’est le cas, vous en entendrez sûrement parler ici même. Il y aurait bien d’autres choses à dire sur cette série mais je n’ai pas non plus envie de réaliser un post trop long, déjà que j’ai des doutes sur le fait que beaucoup de personne soient arrivées jusqu’à là. Pour les survivants qui n’auraient pas vu encore l’animé et qui aiment bien se poser des questions existentielles comme moi, plongez vous dedans sans trop hésiter.

Article en rapport : Anime-kun

10 réponses à “Bokurano : Du potentiel gaché ?

  1. « déjà que j’ai des doutes sur le fait que beaucoup de personne soient arrivées jusqu’à là. »
    Ça fait 1. :p

    Ayant déjà vu un tiers de la série, j’ai passé outre la spoiler alert. Je savais déjà le seul truc que tu m’as spoilé.😉

  2. Analyse très intéressante. Les points faibles que tu cites sont apparemment, même si je ne l’ai pas lu, dus à certains points du manga non exploités dans l’animé. Pourtant cela ne m’a pas empêché d’apprécier cette série, notamment l’arc des épisodes 9/10, très forts. Pourtant, je ne suis pas tout à fait d’accord au sujet de la psyco des personnages. Vraiments différentes et même s’ils accepetent « tous » leur mort, chacun suit un certain chemin vers cette acceptation et ce n’est pas facile. Gros point fort.
    Concernant Narutaru, je te conseillerai plutôt de lire le manga. L’animé est encore plus coupé que Bokurano (treize épisodes seulement) et nettement censuré. L’auteur atteint les sommets du malsain dans cette oeuvre.

  3. Certes ils acceptent leur mort différemment mais j’ai trouvé ça dommage qu’au moment du combat, ils se soient toujours dit qu’il fallait le faire, enfin je me comprends. Merci de me conseiller le manga, je vais voir si je le trouve mais il me donne bien envie.🙂

  4. J’avais fait il y a quelques mois un article aux conclusions assez similaires, bien qu’un peu moins optimistes.
    Il est clair qu’il y a des choses intéressantes dans cet anime. Dommage que tant de choses plombent ce contenu et qu’il faille aller le chercher en se forçant.

  5. Et bien je viens de voir une news annonçant le dernier volume de Bokurano au Japon justement (le 11ème) avec un spin-off. Ne serait-ce que pour lire la fin de Kitoh, je serai près à acquérir cette série, j’avoue que la fin de Gonzo m’a bien laissé sur ma faim.:/
    Sinon j’aime bien ton blog, j’avais trouvé sympathique ton billet sur Haruhi même si je n’ai jamais vu une seule minute de l’animé. ^^’

  6. [/!\ Gros spoil à ne pas lire si vous n’avez pas fini l’anime /!\]

    Très bon article ! Même si j’ai eu un peu peur que tu ne parles pas des Maîtres car c’est pour moi le plus grand mystère de Bokurano. Dès le moment où on les voit apparaître et que l’on sait que tout tourne autour d’eux (l’énergie vitale qui est drainée aux enfants leur est envoyée => épisode 17 à 20:15). C’est surtout pour cette histoire que j’ai été un peu déçu par l’anime. Disons que c’est frustrant de finir un anime avec des questions plein la tête. D’autant plus qu’il était possible de faire quelque chose de vraiment recherché ! On peut penser, comme ils avaient une apparence humaine, qu’il ne s’agissait que d’hommes supérieurs ayant réussi à trouver un moyen d’atteindre l’immortalité tant désirée.

    Tu aurais aussi pu parler de la mauvaises intégration des robots 3D sur un décor 2D. Parce que tel que c’est dit, on a l’impression qu’ils sont laids et mal pensés (ce qui n’est quand même pas le cas => Zearth a la classe tout de même :D).

    M’enfin voilà, je le conseille quand même à tout ceux qui aiment le genre dramatique car il vaut vraiment le coup malgré ses quelques défauts.

    D’ailleurs, si quelqu’un connait un manga dans le même genre en se rapprochant un peu de Elfen Lied (qui est une tuerie dans tous les sens du terme), je suis preneur !

    J’avais entendu parler de Narutaru et je me suis empressé de tout visionner (13 épisodes, c’est pas grand chose), et alors là, ça m’a vraiment déplu. Encore une fois, on sent qu’il y a du contenu derrière, mais c’est tellement bâclé qu’au final, il ne vaut rien. Pour vous dire, seul le premier épisode à l’air d’avoir un semblant d’histoire, après, c’est une succession de scènes dont on a parfois du mal à trouver la relation. Puis dans le dernier épisode, on a le droit à une boucherie qu’on ne s’attendait pas à voir (surtout en voyant l’opening :p => http://www.youtube.com/watch?v=hTusLWy0z7Y). Un mec a la tête tranchée à moitié et une fille se fait éventrer par l’utérus (si, si O_o). Bref, on a encore l’impression que l’auteur a essayé de faire disparaître certains personnages en un temps record…

    Bref, je me suis un peu égaré. Avez-vous de bons mangas à me conseiller alors ?

    Merci d’avance !

    Et pour Jevanni, continu comme ça, je n’ai lu que 2 articles, et je les ai tous les deux trouvé très intéressants !😉

  7. Salut Noxalus, je parle rapidement des maîtres du jeu mais sans plus car ils sont malheureusement trop vite zappé, ne laissant pas vraiment la place à la réflexion mais plutôt à une incompréhension. Zearth a la classe ? Bof, le mecha design n’est pas magnifique non plus et le robot ne se démarque pas vraiment.
    Concernant Narutaru, il semble que ce soit effectivement dans une ambiance totalement différente, je n’ai pas encore commencé la série mais elle va bien passer un moment ou un autre.
    Pour tes questions, je te conseille de passer plutôt sur un forum comme AK ou mata-web, tu trouveras plus facilement tes réponses.
    Merci pour les encouragements en tous cas.😉

  8. Et bien je ne suis pas le seul à avoir gardé pendant un certain temps cet animé sans avoir eu le courage de le commencer (au moins plus d’un an!)

    Et quel erreur ! Les deux premiers épisodes visionnés j’étais à tâtons, j’avais presque envie de lâché et après en découvrant par la suite les enjeux de la bataille, ça a tout de suite pris une tournure différente et je ne pouvais plus lâché, certes je trouve aussi que certaines scènes où les enfants se retrouvent face à la mort manquaient parfois de réalisme mais au final comme tu l’as dit cet animé a su mettre en place des idées vraiment très intéressantes mais souvent mal exploité. D’ailleurs autant j’ai trouvé l’animé hyper accrocheur avec un très bon rythme sur le premier tiers (jusqu’à la mort de Chizu) autant après j’ai trouvé ça plus lent et décousu jusqu’à la découverte des mondes parallèles et du second enjeu des combats (lorsque Maki est pilote) et après à nouveau plus lent et moins captivant. Même si l’ensemble m’a toujours tenu en haleine jusqu’à la fin, qui laisse malheureusement des mystères planés et des conclusions un peu flous…
    J’ai trouvé au niveau de l’histoire des personnages également que beaucoup de choses étaient du déjà vu et que quelques uns manquaient vraiment d’intérêts par rapport à d’autres par contre j’ai trouvé l’ordre de passage des pilotes très intéressant et bien souvent inattendu (notamment Waku, le stéréotype du héro de shonen qui est le premier des quinze à mourir et des personnages d’apparence plus fade ou secondaires faire parti des derniers pilotes comme Kirie, Kumo ou Ushiro)

    Dans tout les cas, le gros intérêt de cet animé est d’avoir su poser des bons questionnements sur la nature humaine, de nous mener des réflexions en nous plaçant dans des situations inextricables à travers ces enfants devant faire un choix qui aura forcément un lourd prix à payer.
    En bref tout à fait en accord avec ta critique qui a d’avantage clarifié mon propre opinion sur cet animé!

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